vendredi 13 février 2009

Emission du 14 février

Ronnie Cook & the Gaylads: Goo Goo Muck
Bud Spencer's Clout: Naughty Boy (compil Cuvée Grenobloise)
The Computers: Please drink responsibly
Déjà Mort: Serpillère sur le dance floor (compil Bordeaux Rock mag n°3)
Firecrackers: I start a fire
Joseph Arthur & the Lonely Astronauts: Faith
Bob Dylan: Bob Dylan's blues (1964)
Pearl Jam: Gone (2006)
Tyrannosaurus Rex: By the light of the magical moon (1969)
the Cramps: the crusher
the Swanks: Ghost Train
Chuck Berry: Jamaica farewell
the Musical Linn Twins: Indian rock
Groove Joe Povey: Ten long fingers
Ronnie Branam: Puppy dog love
Rodney Scott: Granny went rockin'
The Cramps (live at CBGB janvier 1978):
The way I walk
Love Me
Domino
Human fly
I was a teenage werewolf
Sunglasses after dark

mercredi 11 février 2009

Le Phonographe

La mémoire est la faculté de conserver et de se rappeler des sentiments éprouvés, des idées, des connaissances antérieurement acquises.
Dans le cas de la musique, textes et lignes mélodiques ont souvent fait les frais de la mémoire défaillante, du souvenir tronqué.
C'est donc pour remédier à tout ça que l'homme, aidé par les progrès de la technique, s'est évertué à essayer, d'abord en couchant sur le papier (mais tout le monde ne savait pas lire) puis en imaginant des machines capables de reproduire les chansons, ballades et orchestrations.
En 1857, Edward Leon Scott de Martinville, ouvrier typographiste, éditeur, fabrique et fait breveter une machine qui trace les ondulations d'ondes sonores sur un cylindre de carbone qu'on actionne à la main, qu'il appelle le phonautographe. Le dispositif comprend un pavillon relié à un diaphragme qui recueille les vibrations acoustiques transmises à un stylet qui les grave sur une feuille de papier, enduite de noir de fumée, enroulée autour d'un cylindre rotatif.
Cette machine pouvait donc enregistrer mais pas reproduire. Ce n'est que l'année dernière qu'une équipe américaine a réussi à "lire" les cylindres de Martinville et peut proposer une écoute de 11 secondes de "Au clair de la lune" probablement interprété par une femme.

Vingt ans plus tard, Charles Cros émet l'idée, non expérimentée, du phonographe. La même année, Thomas Edison (qui n'en loupe pas une quand il s'agit de brevet) écrit qu'il a découvert les principes de la reproduction mécanique du son. Un brevet est accordé en février 1878 pour sa machine qu'il appelle phonographe. Deux mois plus tard, l'Edition Speaking Phonograph Company est constituée en société commerciale à Norwalk, Connecticut.
De son côté, la Volta Laboratory Association (qui deviendra Columbia) de Graham Bell, Chichester et Charles Tainter expérimente le phonographe appelé graphophone en 1880; le premier cylindre en carton recouvert de cire est fabriquée par Tainter en 1886.
En 1887, les rivaux Bell et Edison fondent respectivement l'American Graphophone Company et l'Edison Phonograph Company, sociétés rachetées l'année suivante par un investisseur en bourse pour créer la North American Phonograph Company, liquidée elle-même en 1896.
Edison qui sort donc son modèle de phonographe à moteur électrique crée sa propre société qui lui appartiendra jusqu'en 1929, la National Phonograph Company, suite à la faillite de NAPC.

Emile Berliner avait déjà fabriqué quelques boites à musique pour enfants quand il met au point un disque plat, technique qu'il nomme phonogravure. Il fonde la National Gramophon Company en 1897 mais fut contraint d'arrêter sa production de disques en 1900 suite à un procès intenté par Edison pour violation du brevet. Ce fut une des raisons qui poussèrent Berliner à la ruine. Il vendit une licence à ce qui allait devenir Victor puis, après un mariage fructueux, RCA-Victor.
Pourtant, c'est bien le support choisi par Berliner qui allait emporter la mise.
Pour le cylindre de cire: l'enregistrement du son se fait sur une spire hélicoïdale parcourant le cylindre sur toute sa longueur, l'enregistrement du sillon est fait en profondeur.
Pour le disque plat qui apparait avec le XXème siècle, du fait de l'enregistrement en profondeur comme sur les cylindres, les galettes sont très fragiles. Le saphir de forme sphérique monte et descend sur le sillon au rythme du son enregistré mais la grande surface de contact provoque un fort bruit de fond.
La technique d'enregistrement est alors modifiée pour aboutir au disque plat à enregistrement latéral (sur les côtés du sillon) dont les normes de fabrication génèrent le 78 tours/minute sans concurrent jusqu'en 1939. La qualité et la quantité étaient néanmoins limitées car on pouvait écouter 5 minutes de musique pour un 30cm sans pouvoir dépasser 5000 hertz.
Plus tard, c'est la qualité du support qui s'améliore avec des résines qui permettent de passer en 33 tours/minute, en 1939, tout en serrant les sillons (microsillons) pour passer de 5 à 26 minutes/

mardi 10 février 2009

The Answer

The Answer - "Everyday Demons" - Steamhammer

Revoilà le quatuor nord-irlandais avec le fameux écueil du deuxième album après un premier sorti en 2006 ("Rise") acclamé par les fans et les critiques de bon goût.

"Everyday Demons" avait tout pour se casser la gueule, un parti pris plus rock, moins roots, frisant parfois le hard FM bonjoviesque, mais la maîtrise des quatre hard rockeurs, des riffs accrocheurs, des soli de tricoteur inspiré et la voix de Cormac Neeson, qui sur cet album fait plus Paul Rodgers que Robert Plant, méritent l'écoute de cet album.

Avec The Answer, on replonge dans une époque où les Marshalls crachaient du hard rock et où le métal balbutiait à peine dans les caves.

lundi 9 février 2009

Firecrackers

Firecrackers - "Firecrackers" - Anticraft Music

Dire qu'il va falloir attendre le 2 mars pour trouver l'album dans les bacs alors profitez des épisodiques passages radio ou extraits sur le web pour confirmer ce qu'un buzz (c'est comme ça qu'on dit maintenant) insinue.

Garage rock qui vire au rythm'n'blues, rock sudiste pour certains morceaux, Firecrackers est une réussite à beaucoup de points de vue, les chicaneurs parleront certainement de la "faiblesse" de la production mais cet album prouve que le rock se porte bien et donne furieusement envie de voir Firecrackers en concert.

10 titres plus un ghost track sur le CD mais une reprise de Lovin Spoonful sur le vynil, va falloir ruser sévère.

dimanche 8 février 2009

Wanda Jackson

Wanda Lavonne Jackson est née à Maud, Oklahoma, en octobre 1937. Son père, travailleur intermittent, pianiste amateur, l'encourage à travailler l'instrument alors qu'elle a neuf ans. Bien vite, elle va se mettre à la guitare. A l'âge de 13 ans, alors que la famille s'est installée à Oklahoma City pour raisons professionnelles, Wanda anime déjà une émission de radio quotidienne diffusée par KLPR, station située juste à côté du lycée où elle étudie.
Son émission plait tellement que le temps d'antenne qui lui est alloué est doublé, passant du quart à la demi-heure. Elle chante également dans un orchestre local dirigé par Merle Lindsay.

Arrive le printemps 1954 qui voit sa carrière prendre un tournant grâce à Hank Thompson. Faisant partie d'un des groupes de western swing très populaire, The Brazos Valley Boys, Thompson est conquis par la petite Wanda (elle a 16 ans) alors qu'il l'écoute à la radio, lui téléphone et l'invite à partir en tournée.
Thompson présente Wanda Jackson au leader du groupe, Billy Gray, qui est également l'arrangeur. Elle enregistre son premier disque en duo avec Gray, une galette qui sort quelques jours avant la fin de l'année scolaire. Pendant l'été, elle tourne dans le nord-est avec Hank Thompson et enregistre pour Decca.
De 1954 à 1956 sept disques sortiront sur ce label, chansons country guimauve ("Lovin country style", "Tears at the Grand Ole Opry") essentiellement.

En septembre 1955, après avoir réussi brillamment son bac, Wanda se produit régulièrement à la télévision dans l'émission "Ozark Jubilee" sur ABC-TV, émission animée par le chanteur de country Red Foley. L'émission changea de titre en 1957 (Country Music Jubilee) puis en 1958 (Jubilee USA) et fut stoppée en 1960 quand Red Foley fut arrêté pour fraude fiscale.
Wanda prit Jim Halsey comme manager, lui qui gérait également la carrière de Hank Thompson. Elle signe pour Capitol en 1956. Son premier disque pour le label est "I gotta know" en août 1956. Malgré quelques titres respectables comme "Let's have a party", "Honey Bop", "Mean mean man", "Hot dog, that made him mad", le sommet de sa carrière, le titre qui la rendra célèbre dans le monde entier est bien entendu "Fujiyama mama", sorti début 1958. La chanson signée Earl Burrows était déjà sortie trois ans plus tôt sur Capitol, chantée par Anisteen Allen. Néanmoins, seul "Let's have a party" entrera dans le Billboard à la 37ème place.
C'est après 1961 et sonpremier départ de Capitol qu'elle enregistrera "Right or Wrong" et d'autres titres à Nashville, Tennessee, ce titre montant à la neuvième place dans les charts country et à la 29ème place des charts pop.

Elle épouse en 1961 un programmeur de chez IBM et fait deux enfants, Gina Gail en 1962 et Gregory Jackson en 1964.
De 1965 à 1967, elle anime sa propre émission de télé: "Music Village".
Elle enregistrera encore quelques albums country et gospel jusqu'à la fin des années 70 après la fin de son (deuxième) contrat avec Capitol en 1973 et l'album "Country Keepsakes". Sa conversion au Christ en 1971 la verra donner des concerts dans des églises exclusivement pendant une bonne quinzaine d'années.
Elle tourne toujours à l'âge de 71 ans, a un site officiel sur le web, une page Myspace, une ligne de merchandising, et n'oublie jamais de remercier le Seigneur à un moment ou à un autre lors de ses concerts où elle se partage entre les musiques qu'elle a toujours aimées: country, rockabilly et gospel.

Parmi sa discographie, importante car riche d'une soixantaine d'albums (selon les plus optimistes), nombre de compilations, hommages ou rééditions:

2 coffrets Bear Family:

- Right or Wrong
- Tears will be the chase of your wine

Son dernier:

- Hold what you got

Récemment:

- 2006: I remember Elvis
- 2000: Queen of Rockabilly
- 2000: Rockin with Wanda

vendredi 6 février 2009

Emision du 7 février

Monster: Alice Dupont
Joseph Arthur: Dead Savior
The Answer: Evil Man
Fumanchu: Lesson
Solace: Whistle Pig
Sunride: Straightliner
Jello Biafra & the Melvins: The lighter side of global terrorism
Bob Wills: Steel Guitar rag
Ramblin Jimmy Dolan (+ S. West et C. Stone) : Jukebox boogie
Sheb Wooley (+ J. Bryant + S. West + C. Stone): Hoot owl boogie
Speedy West & Jimmy Bryant: Bryant's bounce
Merle Travis: What a shame
Jimmy Bryant: Jelly Beans daddy
Robert Johnson: I believe I dust my room
Lonnie Johnson: He's a jelly roll baker
Sow House: Pearline
Buddy Rich: New Blues

dimanche 1 février 2009

Al Dexter

Al Dexter (Clarence Albert Poindexter) est né le 4 mai 1902 à Jacksonville, Texas.
Dexter travaille d'abord comme peinte en bâtiment, manoeuvre ou homme à tout faire avant de tenir un honky tonk (expression apparue à la fin du XIXème siècle dans le Texas, la Louisiane et l'Oklahoma; les noirs de Nouvelle Orléans de cette époque appelaient les bars des "tonks").
Ces bars, situés à l'abord des villes du boom pétrolier de l'est du Texas, étaient connus pour servir de l'alcool (même pendant la prohibition) et des filles. Les groupes qui s'y produisaient avaient un répertoire de chansons plutôt osées, que ce soit le sexe ou l'alcool (Jerry Lee Lewis apprit les rudiments du métier de pianiste dans un honky tonk).
Al Dexter fait passer des artistes et des groupes de western swing dans son honky tonk, le Round-up Club, et s'essaye à l'écriture de chansons.
Sa première chanson publiée est "Going home to glory", en 1932.
Il dépose le morceau "Honky Tonk blues" en 1937, co-écrit avec James B. Paris. En 1943, son titre "Pistol Packin Mama" sorti chez Okeh, est la plus grosse vente de disques de l'année et le premier disque country à se classer en tête du hit parade pop.
En 6 mois, Dexter atteint le million de disques vendus ainsi que 200000 partitions écoulées.
Frank Sinatra reprit la chanson un peu plus tard la même année, la chantant 14 fois d'affilée dans l'émission "Your Hit Parade". Bing Crosby la reprit un peu plus tard, accompagné par les Andrew Sisters et décrocha un des plus gros succès de la décennie.
En 1946, "Guitar Polka" décroche le top country artist du Billboard (n°1 pendant 4 mois) et le prix du meilleur disque de l'association américaine du disque.
"Wine, women and song" entre également dans les charts cette année-là.
Jusqu'en 1948 encore 5 chansons vont squatter les bonnes places des classements western et pop. Au total, Dexter décrochera 12 disques d'or pour la période 43-48. Puis il ouvre son propre club à Dallas en 1948 dans lequel il se produit régulièrement jusqu'à sa retraite.
Al Dexter meurt d'une crise cardiaque en février 1984 chez lui, à Lake Lewisville, Texas.

"Lay that pistol down, babe, Lay that pistol down
Pistol Packin Mama, Lay that pistol down".