Moonlight Mile - Dennis Lehane - Ed Rivages Thriller
On avait laissé la paire Gennaro- Kenzie en 1999, réconciliés malgré une 5ème aventure tumultueuse: "Prières pour la pluie".
Dennis Lehane s'est mis alors à écrire des one-shots très réussis tels que "Mystic River", "Shutter Island" ou "Un Pays à l'Aube", une pièce de théatre et des nouvelles dans "Coronado".
Douze ans ont passé (dans le livre comme dans la vraie vie) et le couple, de retour, est à présent rangé des affaires; Kenzie travaille pour une société de surveillance et Gennaro s'occupe de leur petite fille.
Mais le passé va ressurgir en la personne d'Amanda, cette petite fille de 4 ans à l'époque qui avait disparu et qui à la fin de "Gone, Baby, Gone" avait provoqué la séparation du couple et un certain bordel dans les services de police de Boston.
Le début de l'intrigue fait un peu copié-collé avec l'histoire initiale mais les embrouilles que va provoquer Kenzie (comme d'habitude!) pour retrouver Amanda Mc Cready vont remettre en question son point de vue sur la notion de bien et mal, aidé en cela par une Amanda devenue une adolescente très futée, supérieurement intelligente et apparemment remise du choc causé par les dégats de "Gone,Baby, Gone".
Lehane, comme à son habitude, nous plonge dans un maelstrom de sentiments, de situations tour à tour dramatiques, cocasses où l'on croise des trafiquants mexicains, un peu de mafia russe et toute une galerie des personnages hauts en couleurs, représentatifs des doutes qui minent l'ensemble ou presque de la société américaine.
Le parcours du couple au travers du livre peut laisser à penser que Lehane, poussé par, au choix, ses lecteurs, son éditeur, son envie de renouer avec les personnages qui ont construit sa notoriété, son savoir-faire, a écrit "Moonlight Mile" comme un chant du cygne qui lui permet de mettre un terme à leurs aventures (j'espère me tromper).
Et pour confirmer ce qui était développé dans l'article "La Musique de Dennis Lehane", il enfonce le clou avec les Stones (Rolling de leur prénom!) en titrant son livre du nom d'une chanson de l'album "Sticky Fingers", la dernière en l'occurence, mettant même le refrain comme phrase en exergue au début du livre.
Excellente cuvée bien sur mais avec Dennis Lehane on ne peut que s'attendre à cela.
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dimanche 23 octobre 2011
dimanche 3 octobre 2010
Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (4)
La musique et Dennis Lehane
Et si l'osmose ressentie, suite à la réussite cinématographique de "Shutter Island", entre Lehane et Scorsese pouvait s'expliquer par les Rolling Stones?
Ceux-ci sont, on le sait, omniprésents dans l'oeuvre du cinéaste à tel point qu'il s'est même fendu d'un assez bon documentaire-concert nommé "Shine a Light", lui qui dans pratiquement tous ses films glisse un voire plusieurs titres des Stones, la palme revenant au morceau "Gimme Shelter" qui figure dans la B.O. de deux films. Cela peut aisément se comprendre d'un point de vue générationnel car les membres des Stones et Scorsese sont de la même génération à quelques années près; le jeune Marty a surement du faire enrager ses parents, ses copains de chambre à force de pousser le volume de sa chaine stéréo à fond quand les Stones jouaient "Street Fighting Man", "Brown Sugar" ou "Tumbling Dice".
Mais dans le cas de Lehane, né l'année où les Stones enregistraient "Aftermath", il est plus difficile d'imaginer le fan de Jagger et consorts pour quelqu'un qui avait 20 ans au milieu des années 80, décade qui négligea, méprisa et essaya d'oublier complètement ceux qui faisaient déjà figure de dinosaures.
Pourtant, surtout dans les deux premiers romans de Lehane où les références musicales foisonnent, les Stones se taillent la plus grosse part du gâteau par l'entremise de Patrick Kenzie qui ne manque jamais d'écouter ce groupe, que ce soit en voiture, au bureau et même au hasard des sélections de juke-box quand l'enquête, ou la quête de boissons alcoolisées l'amène dans un bar ou un pub.
Au bureau un ghetto-blaster lui permet d'écouter, outre les Stones, des groupes plus raccord avec son âge:"... J'ai envisagé de mettre du Dire Straits. Ou éventuellement quelque chose des Stones. Non. Jane's Addiction, peut-être. Springsteen?...Ladysmith Black Mambazo ou the Chieftains...". Ce dernier groupe est le groupe mythique irlandais comme l'origine du héros et de son auteur. Et côté irlandais on trouve du lourd avec des tubes immortels:"...le juke-box diffusait...le "Dirty Old Town" des Pogues...les Pogues avaient désormais cédé la place aux Waterboys chantant "Don't Bang the Drum"..." et sept pages plus loin "le juke-box diffusait maintenant le"Coast of Malabar" des Chieftains".
En voiture (une Porsche roadster décapotable 1959) Kenzie a bien entendu quelques Stones en réserve "...pendant tout le trajet, j'avais "Exile on the Main Street" qui se déversait dans mes haut-parleurs" mais a aussi le gout du blues:" J'avais délibérément mis une cassette de Screaming Jay Hawkins...Ce Screaming Jay, il est assez bon pour l'écouter deux fois. Bon sang, je pourrais bien arracher la touche eject et le passer en boucle."
Mais comme tous les couples-duos-partenaires on partage beaucoup de choses sans avoir forcément les même goûts musicaux. Et dans le cas de Gennaro-Kenzie c'est un duel, une opposition de goût entre la musique de "vieux" de Patrick et la musique de jeune qu'écoute Angie, source de conflit et de critiques acerbes sur le mérite ou le talent de tel ou tel artiste ou groupe: "Elle a enfoncé...la touche eject...suffisamment fort pour envoyer voler "Exile on the Main Street" comme un missile...au beau milieu de "Shine a Light", en plus. Sacrilège. -T'as pas de la New Music?".
Dans tous les romans c'est Kenzie qui narre l'histoire, c'est de son côté que fusent les critiques au sujet de certains représentants de la new Music, en particulier les Smiths et leur leader Morrissey: "La New Music...ils ont des noms comme Depeche Mode ou the Smiths, et à mes oreilles, ils ont tous le même son- une bande de crétins britanniques blancs défoncés à la Thorazine. Les Stones, quand ils ont commencé, étaient eux aussi une bande de crétins britanniques blancs et maigres, mais à les entendre on n'avait pas l'impression qu'ils étaient sous Thorazine. Même s'ils l'étaient..." ou encore "...tandis qu'un barbare choisissait dans le juke-box un titre des Smiths. Je hais les Smiths...Je préférerais...écouter un medley des chansons de Suzanne Vega et Natalie Merchant...plutôt que d'écouter trente secondes Morrissey et son groupe chanter d'un ton geignard leur angoisse d'anciens des Beaux-Arts répétant combien ils sont humains...Va donc expliquer le succès de Morrissey...".
Si Angie et Patrick ont des goûts musicaux différents, ils leur arrive néanmoins d'être d'accord sur certains choix: "...ma partenaire a fini par me convaincre qu'il existait autre chose que les Stones ou Springsteen...", "...essaie le Lou Reed, lui ai-je dit...Après avoir mis "New-York" et l'avoir écouté...elle a dit: c'est pas mal, ça. Tu l'a acheté par erreur ou quoi?"
toutefois les Stones ressortent grands gagnants de cette discographie évoquée dans les romans: "Plusieurs objets me sont tombés sur la tête. L'un d'eux était une cassette...un enregistrement pirate de Muddy Waters jouant en live avec Mick Jagger et les Red Devils."
"Sous un poster de Keith Richards...Keith l'air complètement stone -étonnant non?...une bouteille de Jack Daniels à la main, arborant un tee-shirt marqué: Jagger c'est de la merde..."
" Bon c'est vrai, je ne pourrais pas survivre longtemps sans mes CD des Stones et de Nirvana..."
"...et le vacarme baissa...jusqu'à devenir une chanson identifiable. "Let it Bleed"..."Let it Bleed" avait cédé la place à "Midnight Rambler..."
Mais la culture musicale de Lehane, par Kenzie interposé, est assez vaste, comme on a pu le vérifier plus haut, citant quelques groupes "phares des années 80-90 tels que Guns N'Roses, Nine Inch Nails, Public Enemy, des femmes rockeuses comme Chrissie Hynde, Patti Smith, Kim Deal ou Courtney Love, voire même des groupes méconnus comme Machinery Hall ou Sponge.
Si les citations musicales participent à la description très fouillée de l'environnement auditif, visuel de nos héros, c'est aussi pour faire décompresser un peu le lecteur grâce à l'alternance de moments forts, prenants et de temps morts correspondants aux déplacements entre autre, plus propices à l'humour et à la détente: "C'est ton juke-box, ai-je dit à Bubba. C'est toi qui a chargé le CD des Smiths. -Pas du tout. C'est sur une compil "le meilleur des années 80". Ya bin fallu que je supporte un titre des Smiths parce qu'y a "Come on Eileen" dessus et des tas de trucs super. -Comme Katrina and the Waves? ou Bananarama? ça c'était des groupes d'enfer. -Ecoute, il y a Nena. Alors ferme-la. -"Neun und Neunzig Luftballons" ai-je fredonné."
En conclusion, lisez Dennis Lehane, excellent auteur dont tous (je dis bien tous) les livres sont de purs bonheurs malgré les sensations fortes ressenties lors de leur lecture (bien qu'actuellement pour émouvoir le lecteur faut aller très très loin dans le trash et l'horreur). Lehane réécrira-t-il un jour un sixième tome des aventures d'Angela Gennaro et de Patrick Kenzie?
Rien n'est moins sûr au vu et lu de ses romans les plus récents, peut-être plus aboutis d'un point de vue strictement littéraire et moins marqués du sceau infamant et restrictif (polar) limitant le lectorat à un public d'aficionados du genre.
en tout cas on peut toujours rèver et espérer.
Et si l'osmose ressentie, suite à la réussite cinématographique de "Shutter Island", entre Lehane et Scorsese pouvait s'expliquer par les Rolling Stones?
Ceux-ci sont, on le sait, omniprésents dans l'oeuvre du cinéaste à tel point qu'il s'est même fendu d'un assez bon documentaire-concert nommé "Shine a Light", lui qui dans pratiquement tous ses films glisse un voire plusieurs titres des Stones, la palme revenant au morceau "Gimme Shelter" qui figure dans la B.O. de deux films. Cela peut aisément se comprendre d'un point de vue générationnel car les membres des Stones et Scorsese sont de la même génération à quelques années près; le jeune Marty a surement du faire enrager ses parents, ses copains de chambre à force de pousser le volume de sa chaine stéréo à fond quand les Stones jouaient "Street Fighting Man", "Brown Sugar" ou "Tumbling Dice".
Mais dans le cas de Lehane, né l'année où les Stones enregistraient "Aftermath", il est plus difficile d'imaginer le fan de Jagger et consorts pour quelqu'un qui avait 20 ans au milieu des années 80, décade qui négligea, méprisa et essaya d'oublier complètement ceux qui faisaient déjà figure de dinosaures.
Pourtant, surtout dans les deux premiers romans de Lehane où les références musicales foisonnent, les Stones se taillent la plus grosse part du gâteau par l'entremise de Patrick Kenzie qui ne manque jamais d'écouter ce groupe, que ce soit en voiture, au bureau et même au hasard des sélections de juke-box quand l'enquête, ou la quête de boissons alcoolisées l'amène dans un bar ou un pub.
Au bureau un ghetto-blaster lui permet d'écouter, outre les Stones, des groupes plus raccord avec son âge:"... J'ai envisagé de mettre du Dire Straits. Ou éventuellement quelque chose des Stones. Non. Jane's Addiction, peut-être. Springsteen?...Ladysmith Black Mambazo ou the Chieftains...". Ce dernier groupe est le groupe mythique irlandais comme l'origine du héros et de son auteur. Et côté irlandais on trouve du lourd avec des tubes immortels:"...le juke-box diffusait...le "Dirty Old Town" des Pogues...les Pogues avaient désormais cédé la place aux Waterboys chantant "Don't Bang the Drum"..." et sept pages plus loin "le juke-box diffusait maintenant le"Coast of Malabar" des Chieftains".
En voiture (une Porsche roadster décapotable 1959) Kenzie a bien entendu quelques Stones en réserve "...pendant tout le trajet, j'avais "Exile on the Main Street" qui se déversait dans mes haut-parleurs" mais a aussi le gout du blues:" J'avais délibérément mis une cassette de Screaming Jay Hawkins...Ce Screaming Jay, il est assez bon pour l'écouter deux fois. Bon sang, je pourrais bien arracher la touche eject et le passer en boucle."
Mais comme tous les couples-duos-partenaires on partage beaucoup de choses sans avoir forcément les même goûts musicaux. Et dans le cas de Gennaro-Kenzie c'est un duel, une opposition de goût entre la musique de "vieux" de Patrick et la musique de jeune qu'écoute Angie, source de conflit et de critiques acerbes sur le mérite ou le talent de tel ou tel artiste ou groupe: "Elle a enfoncé...la touche eject...suffisamment fort pour envoyer voler "Exile on the Main Street" comme un missile...au beau milieu de "Shine a Light", en plus. Sacrilège. -T'as pas de la New Music?".
Dans tous les romans c'est Kenzie qui narre l'histoire, c'est de son côté que fusent les critiques au sujet de certains représentants de la new Music, en particulier les Smiths et leur leader Morrissey: "La New Music...ils ont des noms comme Depeche Mode ou the Smiths, et à mes oreilles, ils ont tous le même son- une bande de crétins britanniques blancs défoncés à la Thorazine. Les Stones, quand ils ont commencé, étaient eux aussi une bande de crétins britanniques blancs et maigres, mais à les entendre on n'avait pas l'impression qu'ils étaient sous Thorazine. Même s'ils l'étaient..." ou encore "...tandis qu'un barbare choisissait dans le juke-box un titre des Smiths. Je hais les Smiths...Je préférerais...écouter un medley des chansons de Suzanne Vega et Natalie Merchant...plutôt que d'écouter trente secondes Morrissey et son groupe chanter d'un ton geignard leur angoisse d'anciens des Beaux-Arts répétant combien ils sont humains...Va donc expliquer le succès de Morrissey...".
Si Angie et Patrick ont des goûts musicaux différents, ils leur arrive néanmoins d'être d'accord sur certains choix: "...ma partenaire a fini par me convaincre qu'il existait autre chose que les Stones ou Springsteen...", "...essaie le Lou Reed, lui ai-je dit...Après avoir mis "New-York" et l'avoir écouté...elle a dit: c'est pas mal, ça. Tu l'a acheté par erreur ou quoi?"
toutefois les Stones ressortent grands gagnants de cette discographie évoquée dans les romans: "Plusieurs objets me sont tombés sur la tête. L'un d'eux était une cassette...un enregistrement pirate de Muddy Waters jouant en live avec Mick Jagger et les Red Devils."
"Sous un poster de Keith Richards...Keith l'air complètement stone -étonnant non?...une bouteille de Jack Daniels à la main, arborant un tee-shirt marqué: Jagger c'est de la merde..."
" Bon c'est vrai, je ne pourrais pas survivre longtemps sans mes CD des Stones et de Nirvana..."
"...et le vacarme baissa...jusqu'à devenir une chanson identifiable. "Let it Bleed"..."Let it Bleed" avait cédé la place à "Midnight Rambler..."
Mais la culture musicale de Lehane, par Kenzie interposé, est assez vaste, comme on a pu le vérifier plus haut, citant quelques groupes "phares des années 80-90 tels que Guns N'Roses, Nine Inch Nails, Public Enemy, des femmes rockeuses comme Chrissie Hynde, Patti Smith, Kim Deal ou Courtney Love, voire même des groupes méconnus comme Machinery Hall ou Sponge.
Si les citations musicales participent à la description très fouillée de l'environnement auditif, visuel de nos héros, c'est aussi pour faire décompresser un peu le lecteur grâce à l'alternance de moments forts, prenants et de temps morts correspondants aux déplacements entre autre, plus propices à l'humour et à la détente: "C'est ton juke-box, ai-je dit à Bubba. C'est toi qui a chargé le CD des Smiths. -Pas du tout. C'est sur une compil "le meilleur des années 80". Ya bin fallu que je supporte un titre des Smiths parce qu'y a "Come on Eileen" dessus et des tas de trucs super. -Comme Katrina and the Waves? ou Bananarama? ça c'était des groupes d'enfer. -Ecoute, il y a Nena. Alors ferme-la. -"Neun und Neunzig Luftballons" ai-je fredonné."
En conclusion, lisez Dennis Lehane, excellent auteur dont tous (je dis bien tous) les livres sont de purs bonheurs malgré les sensations fortes ressenties lors de leur lecture (bien qu'actuellement pour émouvoir le lecteur faut aller très très loin dans le trash et l'horreur). Lehane réécrira-t-il un jour un sixième tome des aventures d'Angela Gennaro et de Patrick Kenzie?
Rien n'est moins sûr au vu et lu de ses romans les plus récents, peut-être plus aboutis d'un point de vue strictement littéraire et moins marqués du sceau infamant et restrictif (polar) limitant le lectorat à un public d'aficionados du genre.
en tout cas on peut toujours rèver et espérer.
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dimanche 26 septembre 2010
Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (3)
Le cinéma et Dennis Lehane
Trois livres de l'auteur ont été portés à l'écran. Force est de constater que les réussites sont l'oeuvre de cinéastes confirmés, habités par le style polar qui leur a bien réussi par le passé, Eastwood ayant adapté un autre auteur de romans noirs remarquables avec "Créance de Sang" de Michael Connelly.
Pour ce qui est de la non-réussite, autant commencer par ce qui fait mal!
C'est le réalisateur novice Ben Affleck qui décroche la palme avec son adaptation de "Gone, Baby, Gone" dont il signe la réalisation et le scénario. Originaire de Boston, comme Lehane, Kenzie et Gennaro, son film arrive un peu à immerger le spectateur dans le mélange d'architectures, de quartiers, d'ambiances qui sont une partie forte de l'oeuvre de Lehane concernant la ville.
Son scénario est appauvri, simplifié (peut être considéra-t-il que le public américain ne serait pas capable de suivre tous les détails, les fioritures, les faux-semblants, la richesse de certains personnages secondaires) par rapport au livre. La grande erreur est certainement le rôle très secondaire, très suiviste d'Angela, en contradiction avec la femme-détective décrite dans les livres de Lehane et la modification radicale du personnage de Bubba réduit à un rôle de dealer en opposition complète avec ses opinions sur le sujet bien qu'il ne dédaigne pas se bourrer la gueule de temps en temps.
Quant à la direction d'acteurs, on sent que Ben Affleck a dû faire des compromis devant les anciens que sont Ed Harris et Morgan Freeman, ceux-ci jouant trop souvent en roue libre au contraire de la "jeune génération" incarnée par Casey Affleck et Michelle Monaghan et des seconds rôles.
Au total un film noir tout à fait regardable, en totale adéquation avec les canons hollywoodiens concernant la perméabilité du public, et là je suis très gentil. Ajoutons que Miramax a certainement mis son grain de sel dans le montage du film (Moi grand producteur! Toi réalisateur premier film!), ceci expliquant certainement la simplification excessive de l'intrigue originelle.
Les deux autres films concernant des romans de Lehane ne mettent pas en scène nos deux détectives privés.
Le premier est "Mystic River" édité par Rivages en France entre "Sacré" et "Gone, Baby, Gone", réalisé par Clint Eastwood.
Comme d'habitude (ou presque avec Clint) le respect de l'oeuvre est plus prononcé. Si la force émotionnelle contenue dans l'écriture se dilue un peu, ce n'est somme toute pas dommageable tant les acteurs choisis par le réalisateur se mettent au diapason des descriptions issues du livre. Quelques détails narratifs sont simplifiés sans qu'on y perde au change, évitant la surcharge de dialogues explicatifs qui auraient pu paraitre roboratifs à l'écran.
A l'arrivée un film qui a plu à beaucoup de monde et a été un succès d'estime sans pour autant avoir été un blockbuster.
Pour "Shutter Island", changement radical car si Scorsese peut paraître plus "grand réalisateur" qu'Eastwood, le sujet même du livre est plus dangereux, plus casse-gueule à porter à l'écran. Car Lehane parle de ce livre non pas comme d'un roman noir mais comme d'un "shocker", une histoire de fausses pistes débouchant sur un "twist" final complètement inattendu. Un Lehane qui, contrairement aux adaptations précédentes, s'investit plus dans ce film en tant que producteur exécutif, laissant néanmoins le soin à une scénariste de retravailler le matériau initial avec une certaine réussite en tout cas.
Le casting haut de gamme de Scorsese allié à un sens de l'image, du rythme inhérent à ce type d'histoire signe le succès de "Shutter Island", soutenu il est vrai par une promotion massive.
Un film qui permet à Leonardo di Caprio de confirmer qu'il peut aborder des rôles plus "mûrs" que ceux auxquels il était cantonné jusque là.
Nota: si dans le film il n'est pas fait allusion (ou si peu) à la ville de Boston, le roman situe cette île au large de Boston et la rencontre du personnage principal avec sa future épouse se passe dans cette ville.
Trois livres de l'auteur ont été portés à l'écran. Force est de constater que les réussites sont l'oeuvre de cinéastes confirmés, habités par le style polar qui leur a bien réussi par le passé, Eastwood ayant adapté un autre auteur de romans noirs remarquables avec "Créance de Sang" de Michael Connelly.
Pour ce qui est de la non-réussite, autant commencer par ce qui fait mal!
C'est le réalisateur novice Ben Affleck qui décroche la palme avec son adaptation de "Gone, Baby, Gone" dont il signe la réalisation et le scénario. Originaire de Boston, comme Lehane, Kenzie et Gennaro, son film arrive un peu à immerger le spectateur dans le mélange d'architectures, de quartiers, d'ambiances qui sont une partie forte de l'oeuvre de Lehane concernant la ville.
Son scénario est appauvri, simplifié (peut être considéra-t-il que le public américain ne serait pas capable de suivre tous les détails, les fioritures, les faux-semblants, la richesse de certains personnages secondaires) par rapport au livre. La grande erreur est certainement le rôle très secondaire, très suiviste d'Angela, en contradiction avec la femme-détective décrite dans les livres de Lehane et la modification radicale du personnage de Bubba réduit à un rôle de dealer en opposition complète avec ses opinions sur le sujet bien qu'il ne dédaigne pas se bourrer la gueule de temps en temps.
Quant à la direction d'acteurs, on sent que Ben Affleck a dû faire des compromis devant les anciens que sont Ed Harris et Morgan Freeman, ceux-ci jouant trop souvent en roue libre au contraire de la "jeune génération" incarnée par Casey Affleck et Michelle Monaghan et des seconds rôles.
Au total un film noir tout à fait regardable, en totale adéquation avec les canons hollywoodiens concernant la perméabilité du public, et là je suis très gentil. Ajoutons que Miramax a certainement mis son grain de sel dans le montage du film (Moi grand producteur! Toi réalisateur premier film!), ceci expliquant certainement la simplification excessive de l'intrigue originelle.
Les deux autres films concernant des romans de Lehane ne mettent pas en scène nos deux détectives privés.
Le premier est "Mystic River" édité par Rivages en France entre "Sacré" et "Gone, Baby, Gone", réalisé par Clint Eastwood.
Comme d'habitude (ou presque avec Clint) le respect de l'oeuvre est plus prononcé. Si la force émotionnelle contenue dans l'écriture se dilue un peu, ce n'est somme toute pas dommageable tant les acteurs choisis par le réalisateur se mettent au diapason des descriptions issues du livre. Quelques détails narratifs sont simplifiés sans qu'on y perde au change, évitant la surcharge de dialogues explicatifs qui auraient pu paraitre roboratifs à l'écran.
A l'arrivée un film qui a plu à beaucoup de monde et a été un succès d'estime sans pour autant avoir été un blockbuster.
Pour "Shutter Island", changement radical car si Scorsese peut paraître plus "grand réalisateur" qu'Eastwood, le sujet même du livre est plus dangereux, plus casse-gueule à porter à l'écran. Car Lehane parle de ce livre non pas comme d'un roman noir mais comme d'un "shocker", une histoire de fausses pistes débouchant sur un "twist" final complètement inattendu. Un Lehane qui, contrairement aux adaptations précédentes, s'investit plus dans ce film en tant que producteur exécutif, laissant néanmoins le soin à une scénariste de retravailler le matériau initial avec une certaine réussite en tout cas.
Le casting haut de gamme de Scorsese allié à un sens de l'image, du rythme inhérent à ce type d'histoire signe le succès de "Shutter Island", soutenu il est vrai par une promotion massive.
Un film qui permet à Leonardo di Caprio de confirmer qu'il peut aborder des rôles plus "mûrs" que ceux auxquels il était cantonné jusque là.
Nota: si dans le film il n'est pas fait allusion (ou si peu) à la ville de Boston, le roman situe cette île au large de Boston et la rencontre du personnage principal avec sa future épouse se passe dans cette ville.
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dimanche 19 septembre 2010
Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (2)
Les histoires:
"Un Dernier Verre avant la Guerre" Rivages noir 380
Dans cette première aventure du duo Gennaro-Kenzie on fait la connaissance des protagonistes, de leur lieu de travail, un bureau installé dans le clocher d'une église .
La mission qui leur est confiée par deux sénateurs de l'état est de retrouver une femme de ménage noire qui aurait "emprunté" des documents relatifs à un discours très important visant à faire voter une nouvelle loi. Mais ces documents semblent intéresser d'autres personnes, à tel point qu'un tueur à gages essaiera de neutraliser Kenzie et la femme de ménage pour les récupérer L'histoire va dégénérer en guerre des gangs et laisser sur le carreau quelques dizaines de protagonistes.
Lehane développe également dans ce roman une double trame à propos de l'affrontement père-fils à travers la relation que Kenzie entretient avec son père mort (voir première partie) et la relation qui unit et sépare ses principaux adversaires.
le dénouement de l'histoire va aussi distendre les relations entre Kenzie et les forces de l'ordre, Devin étant l'exception qui confirme la règle pour les aventures à venir.
"Ténèbres, Prenez-moi la Main" Rivages noir 424
Après s'être "fait la main" avec son premier roman, Lehane passe à la vitesse supérieure. Appelés par une psychiatre pour surveiller et protéger son fils, les détectives vont plonger dans une affaire de tueur en série qui crucifie et démembre ses victimes (entre autres raffinements macabres), de vengeance ourdie depuis une prison, de vigilantes qui font justice de manière implacable.
Cette affaire permet à Lehane "d'éliminer" les obstacles entre Angie et Patrick pour leur permettre de se retrouver intimement et de démarrer leur relation de couple. L'auteur arrive à renouveler le genre polar sérial-killer grâce à une vision non manichéiste du bien et du mal, thème qui sera récurrent dans les ouvrages à suivre.
"Sacré" Rivages noir 466
La précédente aventure, très sombre, a laissé des traces physiques et psychologiques. Gennaro et Kenzie vont un peu "lever le pied" pour cette histoire plus légère, plus traditionnelle, à la lisière du roman d'espionnage.
Un milliardaire atteint d'une maladie incurable, à qui il ne reste que quelques mois à vivre, kidnappe nos deux héros pour s'attacher leurs services et retrouver sa fille disparue, seule légataire de son immense fortune après la mort de sa femme dans un accident de voiture (enfin pas exactement un accident!).
Mais si la piste d'une association qui pourrait très bien cacher les ramifications d'une secte ( les mécanismes décrits ressemblent à ceux d'une secte bien implantée aux Etats-Unis dont les ambassadeurs sont souvent acteurs à Hollywood) sert plus à Lehane, par la voix de ses protagonistes, à critiquer et à démonter les rouages de cette organisation, c'est la recherche en Floride de l'enquêteur ex-mentor de Kenzie chargé avant lui du même travail qui aidera nos personnages à dénouer l'écheveau de cette histoire où les cadavres ne manquent pas, où les victimes peuvent se transformer en coupables.
Plus "léger" que les précédents romans,"Sacré" nous fait remonter aux origines du roman noir de "privé" non sans abandonner l'humour sarcastique, un brin désabusé qui allège la noirceur des situations subies par nos détectives.
"Gone, Baby, Gone" rivages noir 557
S'il existe un sujet qui exerce sur le lecteur une empathie automatique, en particulier quand celui-ci est parent, c'est bien évidemment l'enfance abandonnée, maltraitée, meurtrie, assassinée. Tant que les victimes dans les polars sont des adultes, peu importe le nombre ou la manière, aussi crade, aussi horrible ou perverse soit-elle dont elles souffriront ou mourront, cela n'égalera jamais l'horreur ou la douleur ressentie face à la mort ou aux sévices infligés à un enfant.
Dans "Gone, Baby, Gone" une petite fille âgée de quatre ans disparait de chez elle comme d'ailleurs de nombreux enfants aux Etats-Unis chaque année. Après une solide enquête de police, Gennaro et Kenzie se voient confier l'enquête alors qu'à première vue tout a été fait, et même plus que d'habitude, pour essayer de retrouver la petite Amanda.
Leur réticence initiale due en partie à l'attitude très peu maternelle de la mère se transformera en intérêt quand la vie légèrement dissolue de celle-ci paraitra être une bonne piste pour remonter aux ravisseurs ayant demandé une rançon.
De fausses pistes les mèneront au coeur de cette Amérique "white-trash" pour un dénouement somme toute très saisissant et inattendu qui aura des conséquences sur leur association affective et professionnelle.
"Prières pour la Pluie" Rivages noir 612
C'est la dernière aventure parue du "couple" Gennaro-Kenzie" qui débute avec un Patrick Kenzie en solo, séquelle du dénouement de "Gone, Baby, Gone", alors que Angela Gennaro travaille dans une compagnie de sécurité aux personnes (garde du corps quoi!).
Quand Karen Nichols vient confier son problème à Kenzie à propos d'un harceleur sexuel récidiviste, Patrick ne se doute absolument pas qu'une journée de travail et d'intimidation active (avec l'aide de Bubba) ne suffira pas pour empêcher les ennuis de Karen, sa descente aux enfers conclue par un saut mortel du 26e étage en tenue d'Eve six mois plus tard.
Culpabilisé par un message téléphonique assez anodin laissé par Karen quelques mois avant son plongeon mais effacé par erreur, Kenzie va essayer d'en savoir plus, savoir ce qui peut transformer une jeune étudiante un peu nunuche sur le point de se marier en obsédée sexuelle se prostituant pour payer sa came juste avant le grand saut ans le vide.
Mais en fouillant, on tombe parfois sur des secrets de famille qui ravivent les plaies du passé et ça, Kenzie en connait un rayon. Il sollicitera néanmoins l'aide d'Angie pour cette ultime enquête à ce jour dont la conclusion ne satisfait moralement ni les héros ni le lecteur.
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Dennis Lehane
dimanche 12 septembre 2010
Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (1/4)
L'auteur:
Dennis Lehane est Américain, né le 4 aout 1965 à Dorchester dans l'état du Massachussets.
Après des études à Boston, il continue son cursus universitaire en Floride où il survit entre petits boulots (serveur, livreur...) et travaille comme éducateur dans le milieu de l'enfance maltraitée, sujet fréquemment évoqué dans ses romans. Il écrit et réalise un film jamais sorti, faute de distributeur et à cause de la frilosité des producteurs. Lehane est aussi l'auteur d'un épisode de "The Wire" dans lequel il apparait dans un petit rôle.
Mais Dennis Lehane, auteur américain, est surtout connu pour les adaptations de ses livres "Mystic River", "Shutter Island" et "Gone,Baby,Gone" respectivement portés à l'écran par Clint Eastwood, Martin Scorsese et Ben Affleck dont c'est d'ailleurs la première réalisation.
Sa carrière démarre en 1994 avec "Un Dernier Verre avant la Guerre" paru en France chez Rivages noir (édition poche) mettant en scène une paire de détectives privés: Angela Gennaro et Patrick Kenzie. Quatre autres romans (également chez Rivages) narreront les aventures de ce duo: "Ténèbres, prenez moi la main" en 1996, "Sacré" en 1997, "Gone, Baby, Gone" en 1998 et "Prières pour la Pluie" en 1999. Il faut noter que la traduction française est très fidèle par rapport aux titres originaux.
Les protagonistes:
Angela Gennaro et Patrick Kenzie ont grandi ensemble dans le même quartier à Boston, jusqu'à franchir le pas pendant l'adolescence, une relation intime sans lendemain, du moins au début des aventures du duo car ce couple de travail deviendra couple tout court, traversera une séparation causée par une divergence majeure de point de vue éthique à la fin de "Gone,Baby,Gone" pour se rabibocher définitivement dans leur dernière aventure parue "Prières pour la Pluie".
La filiation d'Angela leur causera quelques désagréments mais leurs vaudra aussi quelques avantages (le grand-père d'Angie est le patron "à la retraite" de la Mafia New-Yorkaise et le père, tué lors d'un règlement de comptes, faisait également partie de la "famille"); Angie essaiera toujours néanmoins d'éviter de demander quoi que ce soit à son grand-père Don Patrizio.
Patrick Kenzie a un rapport nettement plus conflictuel avec son père, mort quelques mois avant le début du premier roman. Pompier émérite de Boston, Irlandais d'origine et donc grand buveur devant l'éternel, celui-ci est raconté avec haine par notre héros. Durant toute son enfance, c'est l'image de l'homme respecté et adulé par presque tous depuis ses actes héroïques lors des pires incendies, qui rentre saoul tous les soirs après la tournée des pubs et n'hésite jamais à imposer son point de vue alcoolisé par la force sur sa femme ou son fils. Le point d'orgue sera un fer à repasser brûlant appliqué sur la poitrine de Patrick pour lui faire ressentir la vraie douleur d'une brûlure, épisode dont il gardera une cicatrice indélébile autant physique que psychologique et une haine profonde, haine qui culminera dans la fin surprenante du deuxième roman "Ténèbres, prenez moi la Main".
Patrick est également en conflit avec le mari d'Angie ("...Phil est un connard..."), pote d'enfance du duo. Car même s'il mène une vie de célibataire endurci passant d'une aventure amoureuse à une autre, il n'arrive pas à comprendre qu'Angie puisse rester avec Phil alors que celui-ci la bat régulièrement, le trop-plein d'alcool aidant, et ce même après douze années de mariage. Ce qui étonne d'ailleurs au début quand on réalise qu'Angie pourrait assez facilement se défendre voire prendre le dessus physiquement. Mais, comme pour Patrick, le tourmenteur, malgré sa rédemption, trouvera une fin tragique dans "Ténèbres, prenez moi la Main" (spoiler).
A ce duo il faut ajouter les autres personnages récurrents.
Ruprecht "Bubba" Rogowski fait partie des potes d'enfance du duo . Il est craint par tout le monde: "Il mesure 1,90m pour 105kg d'adrénaline brute et de colère discordante. Et il tuerait quiconque me ferait un clin d'oeil torve" dans "un Dernier Verre avant la Guerre" p168.
Les organisations illégales avec lesquelles il fait ses affaires (Mafia, IRA, gangs...) s'en méfient car Bubba est une force de la nature doublé d'un artificier hors-pair. C'est l'ami le plus fidèle d'Angie et Patrick. Tout au long des cinq romans, il sera la force de frappe, l'armurerie, l'intermédiaire avec les truands mais aussi le compagnon de beuverie. "Ce Bubba. Hitler aurait pu gagner la guerre avec Bubba à ses côtés" dans "Un Dernier Verre..." p125.
D'autres personnages sont aussi assez proches et reviennent au fil des histoires de Gennaro-Kenzie: l'inspecteur Devin Amronklin et Nelson Ferrare. Devin est flic et au contraire de la grande majorité considère Kenzie comme un complément parfois utile au travail et au maintien de l'ordre en ce sens que Patrick peut s'affranchir des règles pour arriver à ses fins tout en ayant la même idée de la justice. Quant à Nelson c'est de l'autre côté de la barrière qu'il agit et remplit ponctuellement quelques missions du genre protection ou surveillance de personnes, secondant Bubba lors d'opérations délicates.
Patrick Kenzie, du fait de ses enquêtes et agissements pas toujours dans les limites de la légalité et de l'usage assez fréquent d'armes pour se défendre, a aussi recours aux services d'un avocat, Cheswick Hartmann, un des meilleurs pénalistes de Boston voire de tout le pays, facturant ses services 800 dollars de l'heure. Kenzie profite gratuitement de son aide après avoir résolu une affaire dans laquelle il a sauvé la soeur de Cheswick, ceci lui valant la gratitude éternelle de l'avocat.
Enfin, il faut citer Boston, la ville et ses alentours. Tous les romans de Dennis Lehane sont situés dans cette cité ou ses environs immédiats même si une aventure nécessitera d'aller enquêter dans un autre état, la Floride dans "Sacré".
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