vendredi 27 février 2009

Emission du 28 février

Gari: Extreme (Japon)
The Rakes: That's the reason (GB- 2009)
Hush Arbors: Follow closely
Aeroflot: Volcano
1973: We are nowhere
Anssi 8000 & Maria Stereo: Eye of an animal
Vetiver: Sister
Joseph Arthur: Faith
Izïa: Life is going down
Firecrackers: Darling be home soon (JB Sebastian)
Jimmie Revard: Fox and hounds (1937)
Jack Rivers: Dear Okie (1948)
Jimmy Wakely: Oklahoma Blues (1947)
Johnny Tyler: Oakie Boogie (1947)
Spade Cooley: Oklahoma Stomp (1946)
Cliffie Stone (avec Judy Hansen): He's a real gone okie (1947)
Dinah Washington: Cold cold heart (H. Williams)
Ida Cox: Death letter blues (C.Christian, L.Hampton, Hot Lips Page -1939)
Ethel Waters: Heat Wave (I.Berlin -1933)

dimanche 22 février 2009

Hank Williams (1ère partie)

Quand, au fil des lectures concernant la country, un nom revient avec force, le profane se demandera certainement quels sont ces petits (ou grands) plus qui font de cet homme une personnalité, un artiste à part, hors normes.

Il m'a fallu pas mal d'années, des détours musicaux assez improbables et enfin une approche raisonnée pour appréhender celui que tous ou presque désignent comme étant l'archétype de la country-music, l'homme qui a amalgamé les nombreuses influences américaines, celui qui a montré avec quelques autres le chemin qui mène au rock'n'roll, la première superstar country.
Paradoxalement, et malgré les apparences, Hank Williams n'avait rien d'un cow-boy ni même du redneck moyen, si ce n'est son costume de scène.
Sa carrière brève, météoritique (1946-1952) dura à peine plus longtemps que celle de Jimmie Rodgers (1926-1933). Son enterrement en grandes pompes rassemblera 25000 personnes ainsi que de nombreux artistes tels que Ernest Tubb, Roy Acuff, Webb Pierce, Red Foley et bien d'autres.
Il y a certainement de nombreuses raisons pour expliquer ce qui a pu faire que la mayonnaise prenne à ce point: la principale (et là, ça n'engage que moi) étant les sujets et thèmes évoqués dans ses chansons, une écriture toute personnelle. La presque totalité des chansons qu'il a écrites (environ 125) racontent sa vie, ses déboires, ses joies et ses peines, ses rapports aux femmes et à la religion. Bref, essentiellement ce que De La Soul titrera bien plus tard "Me, Myself and I".

"When God Comes and Gathers His Jewel" (Williams, 1946)

Hank Williams naît le 7 septembre 1923 à Mount Olive, Alabama.
Ses parents, Elonzo Huble Williams et Lilliebelle Skipper qui ont déjà une petite fille née l'année précédente (après un premier bébé mort peu de temps après sa naissance), sont originaires d'Alabama. Son prénom, Hiram (le roi de Tyr), sera transformé en Hiriam lors de l'inscription sur les registres de naissance. Le père travaille comme charpentier, la famille déménageant au gré des chantiers et des emplois que Williams père peut trouver.
Le jeune Hiram est un enfant frêle, décharné et solitaire.
A l'âge de 7 ans, il accompagne sa mère à l'église tous les dimanche, elle joue de l'orgue alors qu'il reprend les chants et les cantiques assis à côté d'elle.
Les "blessures de guerre" de papa Williams le font arrêter de travailler dur, puis de travailler tout court. (En fait de blessure, une bouteille fracassée sur le crâne pendant son incorporation dans l'armée à cause d'une "demoiselle", la scène ayant eu lieu en France).
Lilliebelle le fait interner dans un hôpital pour vétérans de la guerre où il restera plus de 10 ans.
En 1933, Hiram est obligé de partir habiter chez ses cousins, les McNeil. En effet, sa cousine Opal suit des études et doit aller à la ville; elle restera avec Lilliebelle jusqu'à la fin de sa scolarité. Une année passera, semble-t-il une des meilleures dans la vie du jeune garçon qui se voit initié aux "joies" de la pêche et de la chasse aux opossums et autres ratons laveurs. Il a onze ans et commence à boire de l'alcool avec son cousin. C'est également pendant cette année que Hiram découvre la country-music. Et peu après son retour à la maison familiale, il commence à prendre des cours de violon.
Ayant appris quelques accords de guitare pendant son séjour chez ses cousins, il va se perfectionner auprès d'un musicien noir itinérant appelé Rufus "Teet-Tot" Payne.
Le duo bizarre, souvent fourré ensemble pour jouer et pour boire se fera surnommer "The Greenville Troubadours".
"Teet-Tot", de près de quarante ans son aîné, apprendra à Hiram le sens du rythme, l'importance de l'attitude sur scène et la manière de captiver et d'entretenir l'attention du public. Il ne pourra malheureusement pas constater de visu les résultats de son enseignement car il décède en 1939.
Hiram quite l'école à l'âge de 16 ans, déjà persuadé qu'il deviendra country singer. Il adopte alors le diminutif "Hank", peut-être à cause de Hank Penny, mais surtout parce-que cela sonne mieux.
La famille est alors installée à Montgomery et Hank commence à fréquenter les concours et autres radio-crochets pour se faire la main. Sa mère, constatant que Hank est très sérieux quant à son désir de devenir country singer, lui offre une Gibson Sunburst pour Noël 1937. Lors d'un concours de nouveaux talents, il va composer un morceau intitulé "WPA blues". (Le Work Project Administration est dans la continuité de l'engagement de F.D.Roosevelt et de son New Deal) Il gagne les 15$ du concours et va tout dépenser en faisant la fête avec ses potes.

à suivre dimanche prochain, 1er mars

vendredi 20 février 2009

Lumière Intérieure

Soixante ans. Ce n'est pas un bel âge pour mourir, mais y a-t-il un bel âge pour cela.
Lux Interior, chanteur initiateur des Cramps a passé l'arme à gauche dans un hosto de Californie, état où lui et Poison Ivy vivaient depuis quelques années.

Soixante ans. Une énorme majorité de musiciens pop, rock, etc, qui réussissent à atteindre cet âge l'ont fait en évoluant, en changeant de style, en s'adaptant aux temps présents, reniant très souvent la foi qui les avait animés au moment de se lancer dans le grand bain du rock'n'roll.
De sa jeunesse passée à acheter, écouter, entasser les vieux 45 ou 78 tours trouvés le plus souvent dans les bacs à soldes des disquaires à sa carrière de performer rock'n'roll avec les Cramps, il n'aura de cesse de propager la musique des pionniers du genre. Et si les concerts des Cramps ont toujours marqué le public qui y assistait, c'était un peu (beaucoup même) grâce à la présence de ce grand échalas communiquant son énergie et sa force bien mieux que la presque totalité des chanteurs rock passés ou présents.

Ayant eu la chance, le bonheur de pouvoir côtoyer Ivy et Lux, de discuter un peu avec eux après une interview à Radio FMR et devant un verre de Beaujolais Nouveau (bien qu'ils préférassent le Cabernet Sauvignon), je suis tombé sous le charme de ce couple à la ville (ils sont restés ensemble presque quarante ans). Simples, presque timides, aux antipodes de la fureur et la rage qu'ils insufflaient au public lors de leurs concerts.
Merci pour tout et à la prochaine, Lux.

"Le terme "rock'n'roll", qui décrit un style de vie, l'acte sexuel et un type de musique est devenu "rock music" après que les coincés se soient efforcés de le légitimer."Lux Interior


Photo de Serge Naud (Ivy, Dusport, P. Lafitte, Lux)

Emission du 21 février

Lole: Let it go
The Elderberries: Au Bikini (2009)
The Elderberries: Gotta get me good (2007)
The Firecrackers: You can run but you cannot hide
Leathermouth: Your friends are full of shit
Black Crowes: High head blues
Joseph Arthur: Winter blades
Rachel Unthank & the Winterset: Blue's Gaen Oot O'the Fashion
Towers of London: Fuck it up
Bob Wills: Fat boy rag (1938)
Jesse Ashlock: My bank account is gone (1948)
Bob Wills: Brain cloudy blues (1946)
Bill Boyd & his Cowboy Ramblers: Mama don't like no music (1934)
Milton Brown: Mama don't allow it (1936)
Buddy Rich: Preach and teach (1968)
Alice Russell: Living the life of a dreamer
Alice Russell: Crazy

dimanche 15 février 2009

Hank Thompson

Henry William Thompson est né le 3 septembre 1925 à Waco, charmante cité texane devenue célèbre grâce à David Koresh et Michael Johnson, le champion d'athlétisme.
Enfant, il écoute religieusement Gene Autry, son idole absolue, apprend la guitare, anime un show radio adolescent.
Engagé chez les marines pendant la guerre, il profite de son lieu d'affectation, San Diego, pour jouer dans des clubs, plus prosaïquement pour animer des émissions radio pour les militaires stationnés dans le Pacifique.
Après le guerre, Hank Thompson retourne à Waco, diplôme d'ingénieur en électricité en poche grâce aux études par correspondance pendant la Marine.
Il se met à composer, enregistre "Whoa Sailor" et "Swing wide your gate of love" (1948) qui lui permettent d'accéder à une certaine notoriété. Un coup de pouce de Tex Ritter lui ouvre les portes du label Capitol à Los Angeles.

Dès lors, la machine à tubes se met en marche pour lui et son groupe, les Brazos Valley Boys (la Brazos est une petite rivière du Texas). C'est durant une tournée qu'il repèrera une jeune chanteuse en écoutant la radio, l'invitera à partir en tournée (avec l'accord de ses parents). Elle s'appelle Wanda Jackson.
Si l'on ne compte que ses titres classés dans le top ten, 28 disques tutoieront ou s'intalleront au sommet de 1948 à 1974.
Musicalement, Hank Thompson se rapproche de son idole Gene Autry pour le chant, sans yodel toutefois, la musique pouvant être western swing, honky tonk voire sacrée (gospel)
Mais c'est sur scène aussi que Hank Thompson et son groupe seront reconnus par leurs pairs qui leur décerneront le prix de meilleur groupe country live de 1953 à 1965.
Un album live enregistré à Las Vegas en 1961 rend bien compte de l'impact sur le public: "At the Golden Nugget", un collage de prises des différents concerts à Las Vegas, un de premiers albums solos de country live.
Hank Thompson est mort le 2 novembre 2007.

Discographie:

- coffret Bear Family: Hank Thompson and his Brazos Valley Boys
- At the Golden Nugget (label Liberty 1995)

vendredi 13 février 2009

Emission du 14 février

Ronnie Cook & the Gaylads: Goo Goo Muck
Bud Spencer's Clout: Naughty Boy (compil Cuvée Grenobloise)
The Computers: Please drink responsibly
Déjà Mort: Serpillère sur le dance floor (compil Bordeaux Rock mag n°3)
Firecrackers: I start a fire
Joseph Arthur & the Lonely Astronauts: Faith
Bob Dylan: Bob Dylan's blues (1964)
Pearl Jam: Gone (2006)
Tyrannosaurus Rex: By the light of the magical moon (1969)
the Cramps: the crusher
the Swanks: Ghost Train
Chuck Berry: Jamaica farewell
the Musical Linn Twins: Indian rock
Groove Joe Povey: Ten long fingers
Ronnie Branam: Puppy dog love
Rodney Scott: Granny went rockin'
The Cramps (live at CBGB janvier 1978):
The way I walk
Love Me
Domino
Human fly
I was a teenage werewolf
Sunglasses after dark

mercredi 11 février 2009

Le Phonographe

La mémoire est la faculté de conserver et de se rappeler des sentiments éprouvés, des idées, des connaissances antérieurement acquises.
Dans le cas de la musique, textes et lignes mélodiques ont souvent fait les frais de la mémoire défaillante, du souvenir tronqué.
C'est donc pour remédier à tout ça que l'homme, aidé par les progrès de la technique, s'est évertué à essayer, d'abord en couchant sur le papier (mais tout le monde ne savait pas lire) puis en imaginant des machines capables de reproduire les chansons, ballades et orchestrations.
En 1857, Edward Leon Scott de Martinville, ouvrier typographiste, éditeur, fabrique et fait breveter une machine qui trace les ondulations d'ondes sonores sur un cylindre de carbone qu'on actionne à la main, qu'il appelle le phonautographe. Le dispositif comprend un pavillon relié à un diaphragme qui recueille les vibrations acoustiques transmises à un stylet qui les grave sur une feuille de papier, enduite de noir de fumée, enroulée autour d'un cylindre rotatif.
Cette machine pouvait donc enregistrer mais pas reproduire. Ce n'est que l'année dernière qu'une équipe américaine a réussi à "lire" les cylindres de Martinville et peut proposer une écoute de 11 secondes de "Au clair de la lune" probablement interprété par une femme.

Vingt ans plus tard, Charles Cros émet l'idée, non expérimentée, du phonographe. La même année, Thomas Edison (qui n'en loupe pas une quand il s'agit de brevet) écrit qu'il a découvert les principes de la reproduction mécanique du son. Un brevet est accordé en février 1878 pour sa machine qu'il appelle phonographe. Deux mois plus tard, l'Edition Speaking Phonograph Company est constituée en société commerciale à Norwalk, Connecticut.
De son côté, la Volta Laboratory Association (qui deviendra Columbia) de Graham Bell, Chichester et Charles Tainter expérimente le phonographe appelé graphophone en 1880; le premier cylindre en carton recouvert de cire est fabriquée par Tainter en 1886.
En 1887, les rivaux Bell et Edison fondent respectivement l'American Graphophone Company et l'Edison Phonograph Company, sociétés rachetées l'année suivante par un investisseur en bourse pour créer la North American Phonograph Company, liquidée elle-même en 1896.
Edison qui sort donc son modèle de phonographe à moteur électrique crée sa propre société qui lui appartiendra jusqu'en 1929, la National Phonograph Company, suite à la faillite de NAPC.

Emile Berliner avait déjà fabriqué quelques boites à musique pour enfants quand il met au point un disque plat, technique qu'il nomme phonogravure. Il fonde la National Gramophon Company en 1897 mais fut contraint d'arrêter sa production de disques en 1900 suite à un procès intenté par Edison pour violation du brevet. Ce fut une des raisons qui poussèrent Berliner à la ruine. Il vendit une licence à ce qui allait devenir Victor puis, après un mariage fructueux, RCA-Victor.
Pourtant, c'est bien le support choisi par Berliner qui allait emporter la mise.
Pour le cylindre de cire: l'enregistrement du son se fait sur une spire hélicoïdale parcourant le cylindre sur toute sa longueur, l'enregistrement du sillon est fait en profondeur.
Pour le disque plat qui apparait avec le XXème siècle, du fait de l'enregistrement en profondeur comme sur les cylindres, les galettes sont très fragiles. Le saphir de forme sphérique monte et descend sur le sillon au rythme du son enregistré mais la grande surface de contact provoque un fort bruit de fond.
La technique d'enregistrement est alors modifiée pour aboutir au disque plat à enregistrement latéral (sur les côtés du sillon) dont les normes de fabrication génèrent le 78 tours/minute sans concurrent jusqu'en 1939. La qualité et la quantité étaient néanmoins limitées car on pouvait écouter 5 minutes de musique pour un 30cm sans pouvoir dépasser 5000 hertz.
Plus tard, c'est la qualité du support qui s'améliore avec des résines qui permettent de passer en 33 tours/minute, en 1939, tout en serrant les sillons (microsillons) pour passer de 5 à 26 minutes/