vendredi 20 janvier 2012

Emission du 21 Janvier

Alpine Decline: The Anesthesiologist (2012)
Papier Tigre: Home Truth (1er Mars 2012)
Apostrophe: Bitch Stopped By Invisible Hand (2012)
Headcharger: All Night Long (30 Janvier 2012)
First Aid Kit: New Year's Eve (30 Janvier 2012)
Lisa Hannigan: What'll I Do (2011)
Ta Gueule:Strangulation Masturbatoire (2011)
Grand Central: Beautiful Losers (2011)
Little Bob: Masters Of War (2011)
Bob Dylan: Outlaw Blues (1965)
Craig Finn: Honolulu Blues: (30 Janvier 2012)
Wooden Wand: Passin' Thru (2011)
The Psychologist & His Medicine Band: The Medicine Clown Came Back To Town (2011)
The Dustaphonics: Take It From Diddley (2012)
The Excitements: I Want To Be Loved (2011)
Mitchell's Christian Singers: Them Bones (1934)
Mitchell's Christian Singers: Take My hand (Precious Lord)(1940)
Billy Ward & His Dominoes: Rags To Riches (1953)
The Cadillacs: Speedo (1955)
Huey Smith & The Clowns: Don't You Just Know (1958)

lundi 2 janvier 2012

Bob Wills (9)

"The End Of The Line"

Bob Wills n'enregistre pas en 1948. L'année suivante, devant par contrat des sessions à la MGM, il essaie plusieurs vocalistes pris parmi ses instrumentistes. Tiny Moore chante sur "Ida Red Likes To Boogie", Luke Wills et Jack Lloyd, tous deux bassistes au sein des Texas Playboys s'essaieront au chant sans toutefois parvenir à l'aisance vocale de Tommy Duncan. Durant la session est également enregistré un instrumental, "Boot Heel Rag" surfant sur le succès du morceau de Leon McAuliffe "Panhandle Rag". Johnny Gimble qui tient le violon et la mandoline électrique exécute les soli de chaque instrument.

Cette même année, en 1949 donc, Wills décide de retourner en Oklahoma, l'Etat dans lequel on l'avait accueilli et protégé de Will Lee O'Daniel et qui lui avait permis de s'affirmer commercialement et musicalement parlant. Il s'installe au Trianon Ballroom de Oklahoma City et anime un show radio sur KBYE.

C'est là qu'a lieu une session d'enregistrement d'un genre un peu particulier en janvier 1950. Le boss de la MGM étant au Trianon Ballroom alors que le groupe se produisait à la radio, c'est par ligne téléphonique branchée sur un microphone que sont enregistrés 4 morceaux (dont 2 ont disparus). Sur "Jolie Blon Likes To Boogie" c'est Tiny Moore qui chante, Jimmy Widener posant sa voix sur "Pastime Blues".

De retour à Hollywood quatre mois plus tard, dix morceaux sont mis en boite utilisant les capacités vocales de sept musiciens différents dont Billy Jack Wills (encore un!), Johnny Gimble, Jimmy Widener, Myrl "Rusty" McDonald et Bill Bowman. "Faded Love" un classique de chez les classiques, d'origine très ancienne (passé de génération en génération chez les songsters au 19ème siècle) joué par John Wills un demi-siècle plus tôt déjà est interprété par Bill Bowman au lead-vocal, Widener et McDonald faisant les choeurs. Sortent également de cette session "Rock-A-Bye Baby Blues", I'll Be Lucky Someday" et le faussement prophétique "The End Of The Line" chanté par le trio Bowman, Gimble et Billy Jack Wills.

Mais Bob et ses Texas Playboys sont désormais soumis à la concurrence artistique d'autres orchestres tels que ceux de Spade Cooley, de Tex Williams et même de ses jeunes frères Johnny Lee et Billy Jack. Bob Wills avait eu la bonne idée, pour occuper le terrain et l'esprit des fans de multiplier les groupes ayant un Wills à leur tête pour que le public aie, sinon l'original, au moins une copie plus qu'acceptable du style Texas Playboys, les groupes se partageant différents endroits et Etats pour élargir la notoriété de Wills, Bob se réservant la Californie alors que Johnny Lee s'occupe du Texas, Luke et Billy Jack faisant office de doublure, assurant de la Californie jusqu'à l'Etat de Washington.

Le contrat qui lie Bob Wills à la MGM prend fin au printemps 1954. Celui-ci va s'engager avec Decca jusqu'en 1957, sans succès conséquent, dû autant à son caractère voire sa paranoïa qu'à l'essor et la diversification des courants dans la country-music tels que le bluegrass, le honky-tonk ainsi que le rockabilly sans oublier les genres nouveaux qui allaient bientôt bouleverser le paysage musical.

Son public qui lui est resté fidèle vieillit en même temps que lui et Bob, qui reprend en 1954 les membres du Western Swing Band de son frère Billy Jack pour en faire des Texas Playboys à raison de 300 concerts par année, est un homme fatigué, malade. Il est terrassé par une première crise cardiaque sur scène en 1962.

Après un essai avorté de s'installer à Las Vegas, il est à nouveau frappé par une crise cardiaque en plein concert pendant une tournée nationale. L'avertissement est plus sérieux cette fois-ci et Bob Wills décide de mettre fin à la formation qu'il à créée plus de trente années plus tôt. Mais le démon de la musique l'incite à recommencer, seul avec son violon, engageant des musiciens différents dans chaque ville, renouant avec Tommy Duncan. Ces retrouvailles seront couronnées par une tournée de concerts sold-out.

Le revival country, par le biais de jeunes artistes s'inspirant de ses oeuvres passées, de Merle Haggard qui enregistre " A Tribute To The Best Damn Fiddler, My Salute To Bob Wills" en 1970 pour Capitol "réhabilite l'artiste. Deux ans plus tôt c'est Nashville qui lui réserve un triomphe en l'intronisant au Country Music Hall Of Fame; lui qui avait été interdit de Grand Ole Opry pendant des années reçoit sa récompense sur la scène du Ryman Auditorium.

Le lendemain du 30 mai 1969, date à laquelle il est fait citoyen d'honneur et décoré pour services rendus par le gouverneur du Texas, il est terrassé par une crise d'hémiplégie. Les efforts de sa femme Betty lui permettront quand même de rejouer du violon.

En 1973, sa maison de disques Liberty lui propose d'enregistrer un double album en compagnie des anciens Texas Playboys augmentés de Merle Haggard qui annule tous ses concerts dès qu'il a vent du projet, demandant humblement à participer au projet. C'est pendant une session d'enregistrement qu'il est à nouveau frappé par une crise cardiaque, sombrant dans un coma profond dont il ne sera libéré que par la mort le 13 mai 1975. Haggard et les Texas Playboys achèveront quand même le double album "Together For The Last Time", une photo de Bob Wills affichée dans le studio.

Sources et discographie sélective:
La biographie référence est celle de Charles R. Townsend éditée chez University of Illinois Press: "San Antonio Rose".
Malgré quelques rares erreurs de date les notes de livret d'Adam Komorwski chez Proper Records synthétisent très bien la carrière de Bob Wills, sa source principale étant la bio de Townsend.
Pour avoir la totale ou pratiquement des enregistrements de Wills c'est chez Bear Family Records (des allemands):
Bob Wills & his Texas Playboys: "San Antonio Rose" (11 CD & 1 DVD) pour la période années 30-fin des années 40.
Bob Wills & his Texas Playboys: "Faded Love" 1947-1973 (13 CD & 1 DVD).
Attention car c'est pas donné!

Pour les bourses un peu plus modestes :
Bob Wills & his Texas Playboys: "Take Me Back To Tulsa" chez Proper Records (des anglais) coffret 4 CD avec livret.
Bob Wills & his Texas Playboys: Anthologie 1932-1947 chez Frémeaux et associés (des français) coffret 2 CD avec livret.

lundi 26 décembre 2011

Bob Wills (8)

"Brain Cloudy Blues"

Les Tiffany Transcriptions laissent le temps aux Texas Playboys d'honorer leur contrat avec Columbia. En septembre 1946, trois jours permettent d'enregistrer 17 titres. Bob Wills n'ayant pas pu trouver des musiciens pour les cuivres, ce sera l'une des rares sessions sans cette section. Art Satherley, l'anglais émigré qui produit les enregistrements de Wills depuis son arrivée à la Columbia tire sa révérence.

Parmi les titres gravés, "Cotton Eyed joe", un tube qui reste populaire au Texas de nombreuses années (Hank Williams l'incluait dans son show radio "Health & Happiness") avant d'être à nouveau numéro 1 dans les années 90, passé à la moulinette techno-dance par un trio scandinave. De petites perles confirment si besoin était le talent de chanteur de Tommy Duncan, arrivé à maturité: "Milk Cow Blues" de Kokomo Arnold (Johnny Lee Wills en fera une meilleure version, plus "habitée" et Elvis Presley en accélérera le tempo dans son "Milk Cow Blues Boogie en 1956) et "Brain Cloudy Blues" dont les yodels sont un hommage direct à Jimmie Rodgers.

La dernière séance pour Columbia a lieu à Chicago, Illinois. Les morceaux enregistrés alors sont plus western, le swing étant presque passé de mode. De plus, avec Fred Rose comme producteur, un des personnages les plus influents dans la country-music, l'orientation est presque naturelle. Rose est un compositeur dans la ligne Tin Pan Alley qui s'est tourné vers la country, a fondé avec Roy Acuff une compagnie destinée à découvrir de nouveaux talents dont un certain Hank Williams en 1946.

L'une des raisons de cette dernière séance était que Bob Wills, s'en remettant encore et toujours à son "sens des affaires", s'était fait promettre un bonus exceptionnel s'il signait pour la MGM mais le bonus finira dans les poches du prétendu "ami" qui avait arrangé le transfert, laissant Wills sous contrat avec une maison de disques qui venait également de signer Hank Williams dont la carrière commençait à décoller. l'autre raison qui le fait changer de compagnie était la jalousie éprouvée à l'égard de Spade Cooley, autre artiste Columbia, qu'il disait être favorisé par rapport à lui-même.

Le western-swing laisse la place à un style plus honky-tonk, ce terme étant apparu à la fin du 19ème siècle dans les journaux américains pour désigner un bar populaire, mal famé où la clientèle essentiellement masculine, à l'exception des prostituées, passait son temps à se bourrer la gueule, que ce soit à l'alcool ou aux poings.

La première séance d'enregistrement pour MGM a lieu deux semaines après la dernière de Columbia. Les titres sont orientés western-ballads, "Keeper Of My Heart" et "Thorn In My Heart" mettant une fois de plus les qualités vocales de Duncan. Wills adapte à sa main la chanson de Cindy Walker "Don't Be Ashamed Of Your Age", Bubbles In My Beer" et le "Crazy Rythm" de Lee J. Pockriss.
L'orchestre est sensiblement le même si ce n'est la présence au banjo d'Ocie Stockard, membre originel des Musical Brownies de Milton Brown.

Mais sans la présence d'un producteur audacieux comme Satherley, sachant lui laisser expérimenter certaines choses tout en gardant le contrôle, Wills et les Texas Playboys ne livrent plus de morceaux novateurs, inventifs, se contentant d'appliquer des recettes qui, si elles ont fait leurs preuves de par le passé, apparaissent à présent un peu has-been.

L'alcoolisme de Bob Wills a toujours été, depuis son plus jeune âge, le problème majeur; côté vie personnelle, ses divorces successifs avant sa rencontre avec Betty Anderson ajoutés à des choix financiers assez déplorables vont l'empêcher d'arrêter de tourner, les concerts et autres ballroom-parties lui permettant de se renflouer et de payer ses traites dues à des choix et des opérations immobilières lamentables.

Si le fait de vouloir garantir une aisance immobilière pour lui et sa famille était fondé, ses opérations visant à investir dans des locaux dévolus à des concerts furent des échecs cinglants, le laissant sur la paille plus d'une fois. l'exemple le plus marquant, qui par un hasard malheureux lui fait rejoindre la grande Histoire, est l'achat du Bob Wills Ranch House Ballroom à Dallas, Texas en 1950.

Des employés peu scrupuleux qui le volaient presque ouvertement et son aveuglement du à de très larges quantités d'alcool conduisent l'entreprise à la banqueroute, laquelle entreprise sera rachetée et gérée par un certain Jack Ruby qui connaîtra la "célébrité" dans les années 60 en assassinant Lee Harvey Oswald.

La popularité de Bob Wills, dès le début des années 30, n'empêcha nullement les pontes du Grand Ole Opry de lui interdire de se produire là-bas pour "alcoolisme et atteinte aux bonnes moeurs (il était divorcé!!)".

Et si l'union de façade qu'affichaient les Texas Playboys ont maintenu Wills en haut de l'affiche pas mal de temps, les dissensions, jalousies, problèmes d'égo et engueulades vont finir par avoir la peau de Tommy Duncan, lui qui, de par sa position dans l'orchestre en tant que chanteur, se prenait pour le leader des Playboys. En septembre 1948, après une engueulade au sujet de l'alcoolisme de Bob, de son absentéisme lors de certains concerts imputable à la bibine bien sur, Wills vire alors le seul membre originel restant des Playboys avec lui-même après quinze ans de bons et loyaux services. Duncan s'en ira fonder les Western All-Stars, un orchestre composé en majorité d'anciens de chez Wills tels que Noel Boggs, jimmy Wyble, Millard Kelso ou Ocie Stockard. Ses disques enregistrés pour le label Capitol ne rencontreront pas le succès escompté malgré leur qualité musicale intrinsèque. Duncan et Wills ne se retrouveront que bien plus tard, à la fin des années 50.

samedi 24 décembre 2011

Emission du 24 Décembre

Otis Redding: Merry Christmas Baby
Hank Williams: Move It On Over (1947)
Black Bomb A: Pedal To The Metal (30 jan 2012)
Grand Central: Pacific (2011)
Ta Gueule: Boire Ou Servir (2011)
Slit Plasters: 2'50" Of A Neanderthal Truth (2011)
Elvis Presley: White Christmas (1957)
Dick Annegarn: Love Me Tender (2011)
Lords Of Altamont: Gettin' High (2011)
Urine: Life Is A Fairy Tale (2011)
The Pack a.d.: Positronics (2011)
Hanni El Khatib: Heartbreak Hotel (2011)
Rival Sons: Pressure & Time (2011)
Bob Dylan: Little Drummer Boy (2009)
Vintage Trouble: Blues Hand Me Down (2011)
Amy Winehouse: Our Day Will Come (2011)
Excitements: Wait A Minute (2011)
The Emotions: What Do The Lonely Do At Christmas
Yvonne Schmidt: Born Under A Bad Sign (2010)
Seasick Steve: Back In The Doghouse (2011)
Delta Saints: Callin' Me Home (2011)

lundi 19 décembre 2011

Bob Wills (7)

"Texas Playboy Rag"

Les Texas Playboys réenregistrent en studio à Los Angeles fin janvier 1945 après avoir gravé quelques titres pour le Armed Forces Radio Service Transcription entre octobre 1943 et décembre 1944 (les V-Discs, réservés aux radios émettant pour les forces armées, le V signifiant Victory. Le line-up de cette formation comprend entre autres Noel Boggs, steel-guitariste ayant joué pour Hank Penny et qui intégrera l'orchestre de Spade Cooley pour y rester une dizaine d'années, Jimmy Wyble à la guitare, Tommy Duncan de retour et, chose nouvelle, une chanteuse, Laura Lee Owens.

C'est durant cette période que Bob Wills, au grand dam des pontes du Grand Ole Opry, imposera la batterie de Monte Mountjoy: cet instrument était interdit, tabou dans la country-music, ayant une connotation trop musique nègre dans un milieu très largement conservateur pour ne pas dire raciste et ségrégationniste (cf article antérieur).

L'enregistrement pour Columbia fin janvier 1945 nécessite plusieurs jours mais permet à Wills d'ajouter à sa liste quelques classiques en devenir tels que "Roly Poly" écrit par Fred Rose mais transformé par les Texas Playboys en un mélange de fiddle-tune et de New-Orleans alors qu'Alex Brashear à la trompette est le seul cuivre du groupe. Au programme figurent aussi "Texas Playboy Rag" qui met en valeur la dextérité de Noel Boggs. Le violoniste Joe Holley, repéré en 1941 dans un studio d'enregistrement à Fort Worth, fait ses classes en "ligue mineure" dans l'orchestre du petit frère Johnny Lee Wills à Tulsa avant d'intégrer la formation de Bob aux côtés de Jesse Ashlock.

Bob Wills ayant signé un contrat de management pour les concerts avec MCA en 1944, l'argent n'est pas vraiment un problème pour celui qui, déjà au début de sa carrière, savait ou croyait savoir placer ses sous et innover en matière de promotion artistique sans se douter que l'après-guerre allait donner un coup d'accélérateur dans tous les domaines, laissant inexorablement sur le côté ceux qui refusaient la nouveauté.

Tout roule alors, la guerre est finie, Betty met au monde leur premier enfant nommé James Robert Wills II et Columbia réédite les anciens morceaux de Bob dont les disques se vendent jusqu'à épuisement des stocks; le public vient nombreux à ses concerts bien évidemment sold-out, concerts qui rapportent plus d'argent que les royalties générées par les ventes de disques.

De plus, et cela va causer jalousies et défiances de la part de ses proches et employés car Wills, en bon campagnard, exigeait toujours de se faire payer en liquide, refusant les chèques au grand désarroi de ses employeurs et des proches qui s'inquiétaient de le voir se balader avec d'énormes rouleaux de billets pouvant attirer la convoitise de gens mal intentionnés. Les dépenses quelquefois inconsidérées telles que l'achat d'un ranch près de Fresno ainsi que de troupeaux faisaient partie de ce que craignaient ceux qui auraient voulu qu'il mette la pédale douce sur ses investissements mais Wills, devenant très autoritaire avec son monde n'écoutait absolument personne, s'enfermant dans une paranoïa aggravée par sa consommation d'alcool.

Après plus de trente ans sur les planches, il est tiraillé par l'idée de prendre sa retraite artistique, préférant rester près des siens en famille plutôt que de parcourir les Etats pour ses concerts bien que l'argent rentrant dans ses poches était toutefois très tentant.

En octobre 1945, 4 titres sont enregistrés à Hollywood dont "I'm Feelin' Bad" qui reflète bien quel est l'état d'esprit de Bob Wills à l'époque. Début 1946 et jusque fin 1947, les Texas Playboys vont enregistrer des émissions de radio (the Tiffany Transcriptions) destinées à être vendues et diffusées sur les ondes des stations de tous les Etats ou presque. 370 émissions sont ainsi mises en boite, commençant toutes par le "Texas Playboy Theme". La particularité de ces émissions était que l'enregistrement se faisait en prise directe dans les mêmes conditions qu'un concert, sans répétitions préalables ni même un conducteur précis, reproduisant l'ambiance (sans public) des "dances" qui ramenaient un public nombreux mais aussi beaucoup d'argent.

La formation des Texas Playboys voit passer de nombreux excellents musiciens tels que Billy "Tiny" Moore qui développe la mandoline amplifiée dans le western-swing et qui jouera pour de nombreux autres groupes ensuite tout en gérant un magasin de disques à Sacramento; profitant du revival des années 70 il enregistrera avec Merle Haggard et Commander Cody & His Lost Planet Airmen. Herb Remington joue de la steel-guitar, bercé et influencé par la musique hawaïenne dès son plus jeune age et rejoindra par la suite Hank Penny puis Dickie McBride.Ainsi, avec le revenant Eldon Shamblin à la guitare électrique, le trio compose une section de cordes comparable à une section de cuivres. La famille n'est pas oubliée avec Jack Wills à la basse alors que Luke possède, à l'instar de Johnny Lee, son propre groupe.

samedi 17 décembre 2011

Emission du 17 Décembre

Hank Williams: Cold Cold Heart (1951)
Zebda: Le Talent (jan 2012)
Ta Gueule: Garde à Vulve (2011)
Twin Twisters: Not So Sure (2011)
MSL JAX: Last Kiss (2011)
Teenage Renegade: Still Waiting (fév 2012)
Rikkha: Personal Jesus (2011)
Suricates: This Is Not The End Of The World (2011)
Bob Wills & his Texas Playboys: Bob Wills Boogie (1946)
Bob Wills & his Texas Playboys: Spanish Two-Step (1935)
Bob Wills & his Texas Playboys: San Antonio Rose (1938)
Bob Wills & his Texas Playboys: New San Antonio Rose (1940)
Bob Wills & his Texas Playboys: New Spanish Two-Step (1945)
Bob Wills & his Texas Playboys: Bubbles In My Beer (1947)
Rocky Bill Ford: Blowing Suds Off My Beer
Frank Zappa: It Must Be A Camel (1969)
Mahavishnu Orchestra: Miles Beyond (1973)
Jean My Truong: All Blues (2011)

lundi 12 décembre 2011

Bob Wills (6)

"Take Me Back To Tulsa"

En ces premières années des Fourties, Bob Wills et ses Texas Playboys vont enregistrer trois sessions (dont celle évoquée plus haut) avant l'arrêt complet de la production de disques due au Petrillo Ban, une mesure prise après l'entrée en guerre des Etats-Unis afin de contribuer à l'effort de guerre, la matière première qui servait de support aux disques étant employée prioritairement par l'industrie militaire.

En 1941, à Dallas, Texas, treize morceaux sont enregistrés dont "Take Me Back To Tulsa", un morceau que Wills jouait déjà avec les Light Crust Doughboys intitulé "Take Me Back To Texas. "Twin Guitar Special" permet aux guitaristes Leon McAuliffe et Eldon Shamblin de prouver, si besoin était, leur virtuosité grâce à un solo en duo d'une complexité assez rare pour ce style de musique.

Cinq mois plus tard c'est à Hollywood, Californie, que sont enregistrés "Please Don't Leave Me" écrit par Jesse Ashlock, "Dusty Skies" composé par Cindy Walker, pur morceau western qui figurera dans un film et "Cherokee Maiden" dont la reprise par Merle Haggard grimpera au sommets des charts en 1976.Eldon Shamblin fait d'ailleurs partie du groupe de Haggard, les Strangers lors de cette reprise. La collaboration Walker-Wills permettra aux Playboys d'enregistrer plusieurs dizaines de titres. Cindy Walker, débarquant à Hollywood au début des années 40 avait eu l'audace de proposer un de ses morceaux à Bing Crosby qui en avait fait un tube, propulsant son auteure au rang des top-songwriters.

L'attaque de Pearl Harbour le 7 décembre 1941 provoque des bouleversements à tous les échelons de la société américaine y compris dans l'industrie musicale. Outre l'interdiction d'enregistrer, de nombreux groupes voient certains membres partir, volontairement ou non, pour contribuer à mettre hors d'état de nuire "l'axe du mal". Les Texas Playboys verront partir leur chanteur Tommy Duncan qui s'enrôle dès le début du conflit pour servir comme instructeur militaire, le pianiste Al Stricklin rejoint Fort Worth pour y intégrer une unité de défense.

Leon McAuliffe rejoindra l'US Air-Force pour devenir "flight instructor" après la session du 14 juillet 1942, la dernière avant 1945. Pour l'occasion, les parties vocales sont partagées, en l'absence de Duncan, entre McAuliffe, le nouveau guitariste Leon Huff et le trompettiste Danny Alguire. Le morceau "Miss Molly" chanté par McAuliffe figurera dans le film "Silver City Raiders" alors que "Home In San Antone" chanté par Alguire est crédité à un certain Floyd Jenkins, pseudo utilisé par Fred Rose, "le" Rose du duo Acuff/Rose dont il sera encore question plus loin Bob. Wills prête sa voix au morceau"My confession" et un duo assez excitant de violons se fait entendre dans "Liberty".

1942 est l'année du sixième mariage de Bob Wills, son dernier car Betty Anderson restera à ses côtés jusqu'à la fin de sa vie. Après une lune de miel dans leur maison de Muleshoe, Texas, Wills,à l'instar d'autres membres du groupe déjà enrôlés dans l'armée selon différentes affectations, n'échappe pas à la conscription à quelques mois près car l'âge limite est fixé à 38 ans mais sa célébrité lui vaut d'être quand même appelé sous les drapeaux.

Après avoir fait ses classes à Fort Still, Oklahoma, Il est affecté à Camp Howse près de Gainsville, Texas où il restera tout le temps de son service. Son caractère hérité de ses jeunes années passées en roue libre sitôt parti de la maison familiale, son inaptitude à l'obéissance et son alcoolisme rendront son "séjour" militaire difficile, conflictuel. Un mauvais début dû à son retard dès l'incorporation lui valent l'hostilité des gradés et la luxueuse Cadillac dont il se sert pour ses déplacements provoque des inimitiés de la part de ses camarades incorporés.

De plus la condition physique de Bob, éprouvée par plusieurs décades de vie sur la route, d'excès d'alcool n'est pas raccord avec les exigences de la vie de soldat. Ainsi, le 27 juillet 1943, Wills est dégagé de ses obligations militaires.

A son retour à la vie civile, sachant que la majorité de son orchestre sert encore sous la bannière d'Oncle Sam, il décide de s'installer en Californie. Les quelques musiciens non enrôlés travaillent pour Johnny Lee Wills et la conjoncture économique, voire culturelle fait se terminer l'époque bénie des big-bands à l'exception notable de grands noms tels que Duke Ellington, Glenn Miller ou Benny Goodman.

Ce qui ne l'empêchera pas, fidèle à son instinct artistique et peut-être à son égo surdimensionné, de former en 1944 un orchestre de 22 musiciens, le plus grand de toute sa carrière, composé en partie d'anciens venus de chez Jimmy Dorsey ou Glenn Miller, même si cette formation ne dure que quelques mois, son public étant également plus friand de chansons où le violon, la guitare et le banjo se taillent la plus belle part.