vendredi 8 octobre 2010

Emission du 9 octobre

Eddie Kirk: Sugar Baby (1950)
Chris Wilson: Poor Law Blues (18 oct 2010)
Jeff Lang: I want to Believe (18 oct 2010)
The Tambling Wheels: A Song for Future Sons (2010)
Black Mountain: Old Fangs (2010)
Jim Jones Revue: Burning your House Down (2010)
Waterlillies: the Seventies Age (2010)
Yardbirds: I Wish You Would (1964)
Yardbirds: Drinking Muddy Water (1967)
Yardbirds: Steeled Blues (1966)
John Mayall: Crawling up a Hill (1964)
John Mayall with Eric Clapton: Steppin' out (1966)
John Mayall: The Death of J.B. Lenoir (1967)
John Mayall: Double Trouble (1967)
John Mayall: Waiting for the Right Time (1969)
Tony Joe White: Scratch my Back (1969)
George Thorogood & The Destroyers: Hard Stuff (2006)
Joe Bonamassa: Tea for One (2006)

mercredi 6 octobre 2010

Cab Calloway (3)

Le cinéma et la fin de règne des big-bands

Calloway fit plusieurs apparitions au cinéma. Il chante "Minnie the Moocher" et "Hot Toddy" en 1932 dans "The Big Broadcast" puis, chose très risquée à l'époque, deux hymnes à la drogue en 1933 dans la comédie de W.C. Fields "International House": "Reefer Man" pour l'herbe qui fait rire et "Kicking the Gong Around" pour la poudre à priser qui fait dire des conneries à Van Damme.
On le voit également cartoonisé avec Betty Boop, chantant "The Old Man of the Mountain", St James Infirmary" et "You Gotta Hi-De-Ho".
En 1942 il est évidemment de la partie dans le film "Stormy Weather" qui assoit encore plus sa popularité hors du circuit un peu fermé des amateurs de clubs et de musique. Dans ce film, Hollywood table aussi sur les grandes vedettes noires américaines telles que le tap-dancer (danseur de claquettes) Bill Robinson, le grand Fats Waller (par la taille et par le talent) ainsi que la chanteuse Lena Horne pour faire venir un public plus large, plus "bigarré" dans ses salles de cinéma.
La donne change un peu dans les années 50 concernant les mélanges inter-raciaux, surtout dans les états traditionnellement plus ouverts historiquement parlant et des films blacks peuvent voir le jour dans des productions respectables mais néanmoins en-deçà des grosses productions hollywoodiennes. "St Louis Blues" d'Allen Reisner en 1958 porte à l'écran la vie de W.C. Handy, ancien ménestrel reconverti en pionnier du jazz (et passablement enrichi grâce aux droits d'auteurs sur de nombreux titres qu'il s'est approprié de façon plus ou moins honorable). Ce film fait cohabiter une pléiade de grands artistes, reconnus ou en devenir: Cab Calloway bien sûr, Nat King Cole et Ella Fitzgerald dans son propre rôle, Eartha Kitt et Billy Preston enfant, lui qui jouera plus tard, fin des années 60 et début des années 70, avec des membres des Beatles et avec les Rolling Stones entre autre, excusez du peu!
Calloway apparait en 1965 dans le film de Norman Jewison ( Peckinpah avait été viré du film pour avoir voulu y intégrer des scènes un peu trop osées du goût des producteurs) "The Cincinnati Kid" dans lequel un jeune Steve McQueen se voyait donner la réplique par les matures et déjà consacrés Karl Malden et Edward G. Robinson.
Début 80, James Belushi et Dan Aykroyd lui rendent hommage dans le film "Blues Brothers" de John Landis dans lequel Cab chante, comme de bien entendu,"Minnie the Moocher".

"L'ère des big-bands s'est achevée pour moi en 1947... Je suis passé du type qui se faisait 200 000$ en une année au gars qui avait du mal à trouver un engagement. Pas de boulot, plus d'entrées d'argent. Jesus, c'était démoralisant."

Les tournées pendant la guerre avec engagements ici et là, au Coconut Grove ou au Cafe Zanzibar à New-York dont les concerts sont retransmis à la radio dans tout le pays lui permettent de supporter les temps de guerre ainsi que l'interdiction d'enregistrer sans trop de dommages. Mais en1947, Cab Calloway réduit son orchestre à un septet appelé "The Cab Jivers" composé d'Ike Quebec au saxo ténor, Al Gibson à la clarinette, Jonah Jones à la trompette, Danny Barker à la guitare, Tyree Glenn au vibraphone et Milt Hinton à la basse.
Essayant de jouer sur la nostalgie et la réussite passée il enregistre "The Hi-De-Ho Man (That's Me) puis "The Calloway Boogie", un morceau plus raccord avec les tendances du moment, le jump-blues ayant pris le pas sur le swing, prémonitoire du futur rock'nroll amorcé par des émules du maître Calloway tels que Louis Jordan, Roy Brown ou Big Joe Turner pour ne citer que quelques noms.

dimanche 3 octobre 2010

Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (4)

La musique et Dennis Lehane

Et si l'osmose ressentie, suite à la réussite cinématographique de "Shutter Island", entre Lehane et Scorsese pouvait s'expliquer par les Rolling Stones?
Ceux-ci sont, on le sait, omniprésents dans l'oeuvre du cinéaste à tel point qu'il s'est même fendu d'un assez bon documentaire-concert nommé "Shine a Light", lui qui dans pratiquement tous ses films glisse un voire plusieurs titres des Stones, la palme revenant au morceau "Gimme Shelter" qui figure dans la B.O. de deux films. Cela peut aisément se comprendre d'un point de vue générationnel car les membres des Stones et Scorsese sont de la même génération à quelques années près; le jeune Marty a surement du faire enrager ses parents, ses copains de chambre à force de pousser le volume de sa chaine stéréo à fond quand les Stones jouaient "Street Fighting Man", "Brown Sugar" ou "Tumbling Dice".
Mais dans le cas de Lehane, né l'année où les Stones enregistraient "Aftermath", il est plus difficile d'imaginer le fan de Jagger et consorts pour quelqu'un qui avait 20 ans au milieu des années 80, décade qui négligea, méprisa et essaya d'oublier complètement ceux qui faisaient déjà figure de dinosaures.
Pourtant, surtout dans les deux premiers romans de Lehane où les références musicales foisonnent, les Stones se taillent la plus grosse part du gâteau par l'entremise de Patrick Kenzie qui ne manque jamais d'écouter ce groupe, que ce soit en voiture, au bureau et même au hasard des sélections de juke-box quand l'enquête, ou la quête de boissons alcoolisées l'amène dans un bar ou un pub.
Au bureau un ghetto-blaster lui permet d'écouter, outre les Stones, des groupes plus raccord avec son âge:"... J'ai envisagé de mettre du Dire Straits. Ou éventuellement quelque chose des Stones. Non. Jane's Addiction, peut-être. Springsteen?...Ladysmith Black Mambazo ou the Chieftains...". Ce dernier groupe est le groupe mythique irlandais comme l'origine du héros et de son auteur. Et côté irlandais on trouve du lourd avec des tubes immortels:"...le juke-box diffusait...le "Dirty Old Town" des Pogues...les Pogues avaient désormais cédé la place aux Waterboys chantant "Don't Bang the Drum"..." et sept pages plus loin "le juke-box diffusait maintenant le"Coast of Malabar" des Chieftains".
En voiture (une Porsche roadster décapotable 1959) Kenzie a bien entendu quelques Stones en réserve "...pendant tout le trajet, j'avais "Exile on the Main Street" qui se déversait dans mes haut-parleurs" mais a aussi le gout du blues:" J'avais délibérément mis une cassette de Screaming Jay Hawkins...Ce Screaming Jay, il est assez bon pour l'écouter deux fois. Bon sang, je pourrais bien arracher la touche eject et le passer en boucle."
Mais comme tous les couples-duos-partenaires on partage beaucoup de choses sans avoir forcément les même goûts musicaux. Et dans le cas de Gennaro-Kenzie c'est un duel, une opposition de goût entre la musique de "vieux" de Patrick et la musique de jeune qu'écoute Angie, source de conflit et de critiques acerbes sur le mérite ou le talent de tel ou tel artiste ou groupe: "Elle a enfoncé...la touche eject...suffisamment fort pour envoyer voler "Exile on the Main Street" comme un missile...au beau milieu de "Shine a Light", en plus. Sacrilège. -T'as pas de la New Music?".
Dans tous les romans c'est Kenzie qui narre l'histoire, c'est de son côté que fusent les critiques au sujet de certains représentants de la new Music, en particulier les Smiths et leur leader Morrissey: "La New Music...ils ont des noms comme Depeche Mode ou the Smiths, et à mes oreilles, ils ont tous le même son- une bande de crétins britanniques blancs défoncés à la Thorazine. Les Stones, quand ils ont commencé, étaient eux aussi une bande de crétins britanniques blancs et maigres, mais à les entendre on n'avait pas l'impression qu'ils étaient sous Thorazine. Même s'ils l'étaient..." ou encore "...tandis qu'un barbare choisissait dans le juke-box un titre des Smiths. Je hais les Smiths...Je préférerais...écouter un medley des chansons de Suzanne Vega et Natalie Merchant...plutôt que d'écouter trente secondes Morrissey et son groupe chanter d'un ton geignard leur angoisse d'anciens des Beaux-Arts répétant combien ils sont humains...Va donc expliquer le succès de Morrissey...".
Si Angie et Patrick ont des goûts musicaux différents, ils leur arrive néanmoins d'être d'accord sur certains choix: "...ma partenaire a fini par me convaincre qu'il existait autre chose que les Stones ou Springsteen...", "...essaie le Lou Reed, lui ai-je dit...Après avoir mis "New-York" et l'avoir écouté...elle a dit: c'est pas mal, ça. Tu l'a acheté par erreur ou quoi?"
toutefois les Stones ressortent grands gagnants de cette discographie évoquée dans les romans: "Plusieurs objets me sont tombés sur la tête. L'un d'eux était une cassette...un enregistrement pirate de Muddy Waters jouant en live avec Mick Jagger et les Red Devils."
"Sous un poster de Keith Richards...Keith l'air complètement stone -étonnant non?...une bouteille de Jack Daniels à la main, arborant un tee-shirt marqué: Jagger c'est de la merde..."
" Bon c'est vrai, je ne pourrais pas survivre longtemps sans mes CD des Stones et de Nirvana..."
"...et le vacarme baissa...jusqu'à devenir une chanson identifiable. "Let it Bleed"..."Let it Bleed" avait cédé la place à "Midnight Rambler..."
Mais la culture musicale de Lehane, par Kenzie interposé, est assez vaste, comme on a pu le vérifier plus haut, citant quelques groupes "phares des années 80-90 tels que Guns N'Roses, Nine Inch Nails, Public Enemy, des femmes rockeuses comme Chrissie Hynde, Patti Smith, Kim Deal ou Courtney Love, voire même des groupes méconnus comme Machinery Hall ou Sponge.
Si les citations musicales participent à la description très fouillée de l'environnement auditif, visuel de nos héros, c'est aussi pour faire décompresser un peu le lecteur grâce à l'alternance de moments forts, prenants et de temps morts correspondants aux déplacements entre autre, plus propices à l'humour et à la détente: "C'est ton juke-box, ai-je dit à Bubba. C'est toi qui a chargé le CD des Smiths. -Pas du tout. C'est sur une compil "le meilleur des années 80". Ya bin fallu que je supporte un titre des Smiths parce qu'y a "Come on Eileen" dessus et des tas de trucs super. -Comme Katrina and the Waves? ou Bananarama? ça c'était des groupes d'enfer. -Ecoute, il y a Nena. Alors ferme-la. -"Neun und Neunzig Luftballons" ai-je fredonné."
En conclusion, lisez Dennis Lehane, excellent auteur dont tous (je dis bien tous) les livres sont de purs bonheurs malgré les sensations fortes ressenties lors de leur lecture (bien qu'actuellement pour émouvoir le lecteur faut aller très très loin dans le trash et l'horreur). Lehane réécrira-t-il un jour un sixième tome des aventures d'Angela Gennaro et de Patrick Kenzie?
Rien n'est moins sûr au vu et lu de ses romans les plus récents, peut-être plus aboutis d'un point de vue strictement littéraire et moins marqués du sceau infamant et restrictif (polar) limitant le lectorat à un public d'aficionados du genre.
en tout cas on peut toujours rèver et espérer.

vendredi 1 octobre 2010

Emission du 2 octobre

Arthur Smith: Guitar Boogie
The Sword: Night City (USA 2010)
The Rambling Wheels: the Diciders (SUI 1er Nov 2010)
Kelley Stoltz: Rock& Roll with Me (USA 11 Oct 2010)
Jeff Lang: Home to You (AUS 18 Oct 2010)
In Vitraux: Longueur d'ondes (FRA 2010)
Waterlillies: You're strong (FRA 2010)
Charles Pasi: Farewell my Love (FRA album début 2011)
Zenzila: Les invisibles (FRA 2010)
Appletop: One More Day (FRA 7 Oct 2010)
Arthur Smith: Darktown Strutters'Ball (USA)
Milton Brown & his Musical Brownies: Darktown Strutters'Ball (USA 1935)
Bill Monroe & his Blue Grass Boys: New Muleskinner Blues (USA 1950)
Jimmie Rodgers: Blue Yodel n°8 Muleskinner Blues (USA 1930)
Steve Earle & the V.Roys: In the Jailhouse now (USA 1996)
Jimmie Rodgers: In the Jailhouse now (USA 1929)
The Hurricanes: Pistol Packin' Mama (USA 1952)
Jimmie Rodgers: Pistol Packin' Mama (USA 1931)
Milt Jackson: Flying Saucer (USA 1965)

mercredi 29 septembre 2010

Cab Calloway (2)

Hi-De-Ho au Cotton Club

Duke Ellington et son orchestre sont "le" groupe du Cotton Club de Harlem à cette époque, jouissant d'une renommée et d'un statut qui leurs ouvrent les portes de Hollywood. Pendant l'été 1930 ils participent au tournage du film "Check and Doublecheck" dont les vedettes principales sont les comiques Amos'n'Andy.
De ce fait, les Missourians de Cab Calloway se retrouvent en attraction principale tous les soirs au Cotton Club, présentant un spectacle intitulé "Brown Sugar, Sweet and Refined", une revue mêlant vaudeville, burlesque ainsi que musique et danse. Les paroles et la musique sont l'oeuvre du célèbre duo de Tin Pan Alley, Ted Koehler et Harold Arlen. Et plus tard dans l'année, il s'avère qu'Ellington décroche de plus en plus de contrats extérieurs (peut-être pour se libérer de l'emprise de ses "patrons") ce qui permet à Cab de devenir l'attraction principale du Cotton Club. En 1931 l'orchestre devient le Cab Calloway Cotton Club Orchestra.

"Partout où j'allais, les gens me reconnaissaient. Et, Jésus!, je gagnais plein d'argent, plus que je n'aurais pu imaginer."

C'est l'année de son premier gros tube, resté dans les mémoires grâce au scat renvoyé au chanteur solo par les choeurs Hi-De-Hi-De-Hi-De-Ho de la chanson "Minnie the Moocher" composée d'après deux airs très populaires cette année-là: "Minnie the Mermaid" et "Willie the Weeper". Si le thème de "Minnie the Moocher" est la drogue, autre source de revenus non négligeable des employeurs de Calloway, ce fut l'un des hits majeurs de l'année 1931, à tel point que Calloway réutilisera la formule en 1932 avec "Minnie the Moocher's Wedding Day" et "You Gotta Hi-De-Ho", en 1935 avec "Keep that Hi-De-Ho in Your Soul", en 1936 avec "The Hi-De-Ho Miracle Man", en 1937 avec "Hi-De-Ho Romeo", "Mr Paganini' Swing for Minnie" en 1938 et "Hi-De-Ho Serenade" en 1939.
Jimmy Lunceford achèvera la bête en 1940 en enregistrant "Minnie the Moocher is Dead".
Cette chanson initiale restera Le morceau de Cab Calloway jusqu'à la fin de sa vie, retrouvant même le chemin des hit-parades à l'occasions de la sortie des films "Blues Brothers" de John Landis et "Cotton Club" de Francis Ford Coppola.
Durant près d'une décennie (le Cotton Club ferme ses portes en 1940) Cab Calloway sera l'un des plus grand performer sur scène grâce à son style exhubérant, ses libertés concernant le rythme et la mélodie, ses tenues de scène qui feront des émules dans la mouvance swing, jive et zazou, Kid Creole étant l'un des meilleurs exemples. De plus, ses musiciens, tous de premier ordre, furent plus que de simples faire-valoir, ce qui se vérifia par leur carrière en dehors de l'orchestre de Cab. Les saxophonistes ténors Chu Berry, Ben Webster et Walter "Foots" Thomas, les trompettistes Lammae Wright, Jonah Jones et Doc Cheatham, le guitariste Danny Barker, les batteurs Panama Francis et Cozy Cole furent quelques uns des plus connus à avoir usé leur fond de pantalon derrière leur pupitre au Cotton Club. Calloway engagera un trompettiste qu'il virera assez rapidement pour avoir osé jouer des "chinoiseries" mais qui allait s'illustrer un peu plus tard en provoquant une révolution dans ce qu'on appelait alors sous le terme générique "jazz", un certain Dizzie "Birks" Gillespie.

dimanche 26 septembre 2010

Dennis Lehane et la paire Gennaro-Kenzie (3)

Le cinéma et Dennis Lehane

Trois livres de l'auteur ont été portés à l'écran. Force est de constater que les réussites sont l'oeuvre de cinéastes confirmés, habités par le style polar qui leur a bien réussi par le passé, Eastwood ayant adapté un autre auteur de romans noirs remarquables avec "Créance de Sang" de Michael Connelly.
Pour ce qui est de la non-réussite, autant commencer par ce qui fait mal!
C'est le réalisateur novice Ben Affleck qui décroche la palme avec son adaptation de "Gone, Baby, Gone" dont il signe la réalisation et le scénario. Originaire de Boston, comme Lehane, Kenzie et Gennaro, son film arrive un peu à immerger le spectateur dans le mélange d'architectures, de quartiers, d'ambiances qui sont une partie forte de l'oeuvre de Lehane concernant la ville.
Son scénario est appauvri, simplifié (peut être considéra-t-il que le public américain ne serait pas capable de suivre tous les détails, les fioritures, les faux-semblants, la richesse de certains personnages secondaires) par rapport au livre. La grande erreur est certainement le rôle très secondaire, très suiviste d'Angela, en contradiction avec la femme-détective décrite dans les livres de Lehane et la modification radicale du personnage de Bubba réduit à un rôle de dealer en opposition complète avec ses opinions sur le sujet bien qu'il ne dédaigne pas se bourrer la gueule de temps en temps.
Quant à la direction d'acteurs, on sent que Ben Affleck a dû faire des compromis devant les anciens que sont Ed Harris et Morgan Freeman, ceux-ci jouant trop souvent en roue libre au contraire de la "jeune génération" incarnée par Casey Affleck et Michelle Monaghan et des seconds rôles.
Au total un film noir tout à fait regardable, en totale adéquation avec les canons hollywoodiens concernant la perméabilité du public, et là je suis très gentil. Ajoutons que Miramax a certainement mis son grain de sel dans le montage du film (Moi grand producteur! Toi réalisateur premier film!), ceci expliquant certainement la simplification excessive de l'intrigue originelle.
Les deux autres films concernant des romans de Lehane ne mettent pas en scène nos deux détectives privés.
Le premier est "Mystic River" édité par Rivages en France entre "Sacré" et "Gone, Baby, Gone", réalisé par Clint Eastwood.
Comme d'habitude (ou presque avec Clint) le respect de l'oeuvre est plus prononcé. Si la force émotionnelle contenue dans l'écriture se dilue un peu, ce n'est somme toute pas dommageable tant les acteurs choisis par le réalisateur se mettent au diapason des descriptions issues du livre. Quelques détails narratifs sont simplifiés sans qu'on y perde au change, évitant la surcharge de dialogues explicatifs qui auraient pu paraitre roboratifs à l'écran.
A l'arrivée un film qui a plu à beaucoup de monde et a été un succès d'estime sans pour autant avoir été un blockbuster.
Pour "Shutter Island", changement radical car si Scorsese peut paraître plus "grand réalisateur" qu'Eastwood, le sujet même du livre est plus dangereux, plus casse-gueule à porter à l'écran. Car Lehane parle de ce livre non pas comme d'un roman noir mais comme d'un "shocker", une histoire de fausses pistes débouchant sur un "twist" final complètement inattendu. Un Lehane qui, contrairement aux adaptations précédentes, s'investit plus dans ce film en tant que producteur exécutif, laissant néanmoins le soin à une scénariste de retravailler le matériau initial avec une certaine réussite en tout cas.
Le casting haut de gamme de Scorsese allié à un sens de l'image, du rythme inhérent à ce type d'histoire signe le succès de "Shutter Island", soutenu il est vrai par une promotion massive.
Un film qui permet à Leonardo di Caprio de confirmer qu'il peut aborder des rôles plus "mûrs" que ceux auxquels il était cantonné jusque là.
Nota: si dans le film il n'est pas fait allusion (ou si peu) à la ville de Boston, le roman situe cette île au large de Boston et la rencontre du personnage principal avec sa future épouse se passe dans cette ville.

samedi 25 septembre 2010

Emission du 25 septembre

Comme samedi dernier l'interview du pilote de rallye Germain Bonnefis a duré et a empiété sur la partie musicale la 2ème demi-heure est la même que samedi dernier

Ramblin Jimmie Dolan: Hot Rod Race
Brisa Roché: Stone Trade (USA 2010)
Plebe: Entraves (FR 2010)
the Elektrocution: Everything I touch I break (FR 29 nov 2010)
the Waterlillies: Song for Allison (FR Nîmes 2010)
the Shaking Heads: Don't wanna be like them (FR Toulouse 2010)
Cheesy Lane: In a Box (FR 2010)
Pokett: Like a Knife (FR 2010)
Kelley Stoltz: Fire Escape (USA 2010)
The Hundred in the Hands: Gold Blood (2010)
Bob Dylan: Froggie went a-courtin' (1992)
Pete Seeger: Froggie went a-courtin'
Pete Seeger: Blue Skies (I. Berlin) (1955)
Woody Guthrie: House of the rising sun
Billy Cheatwood: Cripple Creek (Earl Scruggs)
The Rockridge Brothers: Cripple Creek (SUE 2009)
Tommy Blake: Koolit (USA 1956)
Jimmy Johnson: How about my pretty Baby (USA 1956)
Andy Star: Rockin' Rollin' Stone (USA 1956)
Jimmy Swan: Country Cattin' (USA 1956)